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Par Philippe Grandemange :: 09/06/2006 à 14:21 :: Général

Chers collègues,

On trouvera sur ce micro-site, des informations sur le défraiement des responsabilités en Gea.
Le fichier NAyezPasPeur.doc, mal foutu, tout bossu et difficile à lire, présente des informations utiles sur le sujet.
Le site sera mis à jour régulièrement.

Le 6/6/6 :
- NAyezPasPeur.doc : 28 pages sur la controverse de Gea.
- 060606_LettreOuverteAuxCollègues : le texte public qui vous a sans doute envoyé ici.

Philippe Grandemange

 

Voici ce que contenait la page d'accueil d'un petit site d'actualité, interne à l'Iut de Saint-Denis. Le directeur de l'Iut l'a fait fermer ; il souhaite donc que les informations qu'il contenait soient disponible même en dehors de l'Iut : j'en prend bonne note.

 

Les deux documents ci-dessus sont donc reproduits sur ce blog. Pour une version .doc, s'adresser à Philippe Grandemange. La lettre ouverte dans la catégorie Conflit en Gea Sait-Denis et le dossier NAyezPasPeur dans la catégorie Recherche : conflits.

 

D'autres informations seront disponibles peu à peu.

 

Philippe Grandemange

 

 

LettreOuverteAuxCollègues

Par Philippe Grandemange :: 09/06/2006 à 14:49 :: Conflit en Gea à l'Iut Saint-Denis

Lettre ouverte[1] aux collègues de Gea

 

Après moult hésitations (et pressions contraires), je me sens obligé de vous faire connaître les informations suivantes…

1. Juin 2005 : la plupart des titulaires du département demande à la future direction plus de transparence dans la gestion, en particulier dans le domaine de l’attribution des heures d’article 6 censées rémunérer des responsabilités. Déclaration floue de Jean-Michel « en principe, responsable de formation, c’est 130 heures ». Je m’aperçois vite que l’essentiel n’est pas dans les heures « connues » d’article 6 mais dans les décharges bidons cachées.

2. Septembre 2005 : comme annoncé à Jean-Marie Gourdon, j’envoie un courrier à Jean-Michel, lui demandant des explications sur son service. Il a touché 768 heures (+ article 6) en 2004-2005 (et l’année précédente), mais je ne trouve qu’environ 200 heures faites (idem pour l’année précédente) ; le tout sans avis des autorités de l’Iut ou de l’université, ni du conseil de département, ni de ses collègues de Gea. Aucune réponse, ni écrite ni orale.

3. Octobre 2005 – mai 2006 : pour ne pas « exporter » l’affaire hors du département et en l’absence de réaction de Jean-Michel, je presse le directeur de l’Iut d’intervenir (aidé bientôt par la présidente du Cri, Élisabeth Guilpain). Il promet, puis est de plus en plus réticent, tout en faisant pression sur moi pour que je ne fasse rien « qui aille contre l’intérêt de l’Iut ».

4. Neuf mois suffisent pour bien voir l’aspect du bébé : je prend l’initiative de rendre publiques les (maigres) informations disponibles (dans l’Iut, puis l’université, pour l’instant). Il y a urgence, il semble bien que ces heures bidons pharaoniques dites de responsabilité continuent (en silence) à prospérer en 2005-2006.

5. Mon unique objectif est que Jean-Michel nous dise clairement ce qu’il en est des heures de responsabilité, aussi bien pour lui que pour d’éventuelles miettes laissées à d’autres ; s’il a réellement touché plus de 1100 heures non faites en 2 ans, il convient d’en débattre largement (et qu’il rembourse si elles sont illicites) et que nous voyions tous ensemble comment éviter ces dérives dans le futur.

6. Ces heures ne tombent pas du ciel : en réalité, elles proviennent du budget du département (dont elles constituent une part non négligeable). Ce remboursement permettrait de redonner des couleurs à nos comptes (largement entamés par l’achat d’ordinateurs et les missions).

7. Je considère qu’une responsabilité est une charge ; elle doit être en partie défrayée et en aucun cas rémunérée ; une « carrière » de responsabilité n’a aucun sens (c’était déjà ridicule sous l’ancien régime). Ce défraiement se base sur des critères préalables, homogènes, invariables et publics. Et sans (trop de) cumul.

8. Si de nombreux membres du département m’enjoignent clairement, pour des raisons diverses, de laisser tomber, je le ferai (pas de lettre au ministre, ni suite judiciaire). Je ne ferai donc rien contre votre avis.

Pardon pour le dérangement et merci de votre attention.

Philippe Grandemange à Saint-Denis, le 6 juin 2006



[1] Cette lettre est communiquée : en avance à Jean-Michel Millot (principal intéressé), Jean-Marie Gourdon (directeur de l’Iut) et Élisabeth Guilpain (directrice du Cri) ; simultanément aux chefs des autres départements de l’Iut et aux syndicats SneSup et Cgt ; en léger différé au président de l’Université Paris 13 et au conciliateur académique de l’éducation.

Un document beaucoup plus détaillé (NAyezPasPeur.doc), retraçant l’historique précis des événements et en proposant une analyse simple et nuancée est disponible à l’adresse http://172.17.31.11/PasDeQuoiRire.

Compléments d’information auprès de Jean-Michel Millot au 06 86 67 81 50 (bonne chance) ; encouragements ou réactions indignées auprès de Philippe Grandemange au 06 86 67 81 58 ou encore par courriel à philippe.grandemange@laposte.net.

NAyezPasPeur00à04

Par Philippe Grandemange :: 09/06/2006 à 17:09 :: Recherche : conflits

Philippe Grandemange                                                                                     Publication interne

Gea-Labrador (non agréé)                                                                                           (papier long)

Iut de Saint-Denis                                                                                                   Du 1 avril 2006

Université Paris 13                                                                                                  au 31 mai 2006

N’ayez pas peur[1]

Tentative de repérages pour une recherche/action en micro-citoyenneté

Mots clefs : action locale, autonomie de gestion, citoyenneté, conflit, démocratie, Iut, politique, pouvoir, recherche/action, responsabilité.

Résumés[2] :

1. Historique[3] du motif

·        Un enseignant (je = Philippe Grandemange)[4] du département Gea de l’Iut de Saint-Denis soupçonne, à partir de l’été 2005, un de ses collègues (Jean-Michel Millot) d’avoir utilisé son poste de directeur des études pour se payer beaucoup (plus de 550 heures[5] par an sur au moins 2 ans) d’heures d’enseignement qu’il n’a pas faites ; il lui demande si c’est vrai et si oui, de rendre ceci public, d’y mettre fin, de rembourser et, en général, la régulation et la publication de l’ensemble des heures payées pour « responsabilité ».

·        Jean-Michel Millot nie les chiffres avancés mais refuse de dire quels enseignements il a assuré ces trois dernières années[6] et refuse aussi de réglementer publiquement les heures de responsabilité. Le directeur (Jean-Marie Gourdon) de l’Iut, saisi de la question et après des encouragements nuancés, décide finalement de ne pas intervenir et m’accuse d’attaquer l’Iut et son fonctionnement ; pressions insistantes venant de lui pour que je ne communique pas les maigres éléments de conviction dont je dispose aux collègues puis, éventuellement, à l’extérieur de l’Iut.

·        Neuf mois après le début[7], blocage : rédaction de cet article.

2. Broderies sur le motif

Le défraiement insuffisant des heures de responsabilité à l’université pousse parfois les élites à se servir sans contrôle : il est bon de leur rappeler que, sur la base des possibilités légales, on peut élaborer des critères plus généreux, mais préalables, homogènes, invariables et publics. (01)

L’abus de pouvoir, dans un contexte où des élus cachent les avantages dont ils disposent, tend à devenir la règle et mener à des comportement claniques voire mafieux. (02)

Si un conflit se déclare à cette occasion, le protestataire risque vite, par le refus d’explicitation des enjeux réels, l’accusation d’unique fauteur de trouble ; il sera alors amené à élargir le conflit, y compris par un rappel à la loi. (03/04)

La gestion quotidienne d’un conflit peut amener les paroles des protagonistes, non à dépasser leur pensée, mais à exprimer crûment leurs émotions. (05)

Dans ce contexte, une saine gestion d’un conflit ne consiste pas à le réduire ou à le contourner, mais à le résoudre : il convient dans ce cas, et pour des raisons d’efficacité autant que d’éthique, de définir des lignes de conduite publiquement explicitées, et de s’y tenir. (06)

En recherchant systématiquement des alliances.

« On ne remercie jamais assez ceux qui vous mettent des bâtons dans les roues, on ne combat jamais trop les bâtons. »

Lao Tseu

Introduction

Peut-on être à la fois acteur, modérateur, chroniqueur et analyste ? Nous tenterons de montrer que oui, même si, dans un micro-conflit, l’émotion n’est jamais très loin.

Peut-on avoir un point de vue de recherche dans une situation où on est protagoniste d’un conflit ? Ou encore, la gestion immédiate d’un micro-conflit social est-elle analysable ?

On traitera un exemple, princeps[8], presqu’un archétype. On naviguera sans précaution particulière entre action en cours et analyse ; et on demandera au lecteur d’excuser tant la candeur du propos que la présentation comme hypothèses de certaines informations pourtant parfaitement disponibles : risque de diffamation, besoin d’alliances, tendresses (pour les) coupables, trouble compassion envers les (mensonges) maladroits : autant de freins bien supérieurs aux difficultés de la réflexion, aux menaces même pas voilées et aux psychologies tortueuses. Mais rien ne sera dissimulé[9].

On adoptera donc un point de vue résolument bipolaire : benêt et noir mais maniaque dans l’analyse[10], ce papier sera souvent dépressif dans le récit (et pour cause[11]).

Note : la présente version est très primitive ; elle se contente d’énumérer un certain nombre de thèmes, d’idées et d’opinions, en général légèrement argumentés, destinées à susciter le débat. La version définitive sera progressivement disponible : elle s’appuiera sur une argumentation de principe en cours de finition, une bibliographie complète mais aussi sur la suite des événements (qui seront systématiquement présentés en annexe). L’auteur souhaite instamment que des arguments (surtout contre !) lui soient communiqués[12] par tous les média disponibles. Merci de votre collaboration. Quand c’est en bleu, c’est directement de Gea à Saint-Denis dont je parle. Je laisse en exercice le soin de trouver qui s’exprime en vert…

01. Thème. Responsabilités et défraiement

a. Ce thème se présente dans de multiples organisations sociales (toutes ? au moins toutes les organisations électives ?). Si les capitaines d’industrie prétendent qu’il est régi par la loi de l’offre et de la demande, la plupart des organisations tente de réguler les émoluments liés à l’exercice des responsabilités. Pour les petites organisations plus ou moins indépendantes, le thème est un fauteur fréquent de conflits plus ou moins ouverts. Citons le cas des associations, des syndicats, des petites municipalités, pensons aux conflits liés aux fonctionnement des syndics… Dans beaucoup de cas, les défraiements réels relèvent plus de l’évaporation financière que de règles publiques. L’actualité politico-financière fournit aussi la matière à alimenter une paranoïa sociale qui fait la joie du populisme de l’extrême droite.

b. En présence d’un cadre légal (c’est la cas pour le département Gea, l’Iut de Saint-Denis et l’université Paris 13), le défraiement des responsabilités est écrit et, en principe, non outrepassable.

Un problème surgit quand des acteurs concernés constatent l’insuffisance pratique de ce cadre légal : il y a alors deux pôles (et tout l’arc qui les joint) pour le résoudre :

  • mener une bataille publique pour l’amélioration des règles ; sans risque institutionnel, mais long, peu performant et souvent sans effet immédiat sur les acteurs ; cela nécessite en outre un investissement important, rassemblement, mobilisation, passage d’alliances et de compromis, perte de temps, d’argent et de kilos ;
  • s’organiser discrètement pour contourner les règles ; le gain est immédiat, mais le risque institutionnel est alors insistant : suspicion, surenchère et dérives autoritaires sont des conséquences difficilement évitables ; et on doit mentir, à beaucoup de monde, et longtemps.

Les pratiques réelles sont souvent situées entre ces deux pôles, mais le manque de vigilance des citoyens favorise souvent la dérive des élites vers les comportements à risque.

c. Quelle que soit la situation de ses pratiques de défraiement (réglementaires ou locales), l’organisation concernée ne peut s’en passer longtemps et tend en permanence vers l’usage d’un certain nombre de critères d’attribution, plus ou moins explicités.

Ces critères peuvent être qualifiés :

  • préalables. L’organisation doit à ses futurs responsables une information claire et préalable sur les règles de compensation de la prise de responsabilité. En retour, l’accès aux responsabilités n’autorisera pas l’impétrant à redéfinir unilatéralement les méthodes de défraiement ;
  • homogènes. L’adjectif, s’il évoque les orphelins et leur uniforme, traduit surtout la figure psychosociologique de l’égalité : quel que soit le socle de cette homogénéité (durée, astreinte, criticité…), les acteurs doivent s’accorder sur l’équivalence des défraiements en fonction des responsabilités ;
  • invariables. C’est une vision extrême, mais il est clair que le changement permanent de critères ne favorise pas la confiance des acteurs dans l’organisation ;
  • publics. C’est un qualificatif nodal : si la publicité systématique peut parfois gêner la prise de responsabilité, le recel permanent de l’information sur qui bénéficie de quoi favorise à tous coups tant le soupçon chez les autres acteurs que les dérives claniques des « élites ».

Des écarts plus ou moins grands, permanents ou pas, vis-à-vis de ces qualificatifs sont une source régulière de conflits dans les structures sociales.

d. En limitant le cumul des responsabilités et des avantages associés, l’organisation combat efficacement les redoutables solutions de continuité entre l’activité des acteurs et celle des responsables : que penser, par exemple, de certains chargés de mission universitaire ni universitaires ni missionnaires mais tellement chargés (de réunions à l’extérieur ?) qu’aucune décision rapide ne peut être prise dans leur secteur.

e. L’élaboration de règles de défraiement (ou leur adaptation locale) est souvent l’occasion de conflits larvés dans les organisations et la publicité ne suffit pas toujours là où ce que demandent en réalité les acteurs c’est d’être acteurs : ces défraiements sont dans la « masse salariale », c’est donc aussi leur argent. La démocratie dans l’élaboration des règles est aussi vitale que dans leur application.

f. Au département Gea de l’Iut de Saint-Denis, il est temps d’arrêter de finasser[13] sur fond de langue de bois embarrassée : on doit savoir si Jean-Michel Millot s’est servi des heures bidons (et combien) depuis qu’il est « responsable », en particulier pour les années 2003-2004, 2004-2005 et pour l’année universitaire en cours. Toutes les déclarations indignées d’honneur bafoué drapées de probité candide ne peuvent masquer que, si les hypothèses que je fais sont justes, un vaste débat doit avoir lieu, non sur la légalité des ces heures, c’est illégal, mais sur la pertinence ou non de verser de telles sommes à un responsable quel qu’il soit et à Jean-Michel Millot en particulier. Dans le cas où la réponse est négative, il convient qu’il rembourse et, dans tous les cas, que nous élaborions, en liaison avec les autorités de l’Iut et de l’université de nouvelles règles de défraiement des responsabilité pour notre département.

C’est le blocage induit par le refus irresponsable de répondre qui risque, à terme, de judiciariser une affaire qui devrait se régler dans le cadre de Gea et de l’Iut.

g. Ce qui pose problème, outre bien sûr la légalité, dans les heures de responsabilité bidons probablement captées par Jean-Michel Millot :

  • la quantité ; l’énormité des 550 heures (équivalent td, chacune correspondant à environs 3 heures de travail de bureau, puisque 12*3=36) de responsabilité (sans compter l’article 6, pour 130 heures, qui rémunère officiellement un travail hors étudiants) évoque un libéralisme[14] rampant qui n’a rien à voir ni avec les traditions universitaires ni avec la réalité du travail accompli. Tout se passe comme si le responsable, loin de se servir en fonction de critères, même élaborés par lui seul, se paye le maximum disponible, indépendamment de toute analyse de son travail ou de ses besoins[15] ;
  • la dérégulation ; en conséquence, toute justification sera faite, si c’est un jour le cas, a posteriori et sans lien universellement repérable avec des critères de travail, de responsabilité ou de nécessité ;
  • le secret ; la conséquence inévitable (prudence) des deux points qui précèdent. Mais la possibilité du secret est aussi une cause décisive de la dérive constatée : c’est moins l’occasion qui fait le larron que l’ombre qui l’entoure.

Mais par delà ces trois thèmes qui ne frappent que des gens immatures, sans fermeté morale et irresponsables, il faut insister sur le contexte réglementaire qui, par l’insuffisance de la prise en compte des astreintes liées aux responsabilité, peut provoquer les « élites » des structures riches[16] à tenter de se servir par manipulation : des règles inapplicables (ou massivement contournées) sont de mauvaises règles, mais il convient de les faire évoluer plutôt que de s’y soustraire.

h. Il y a une solution extrêmement simple pour éviter toutes ces dérives : la publication systématique des emplois du temps[17] des uns et des autres, ainsi que des heures de responsabilité. L’informatique fournit la possibilité que les emplois du temps tant des salles que des enseignants et des étudiants soient publics sans trop de gaspillage de papier : cela rendra par ailleurs, et surtout, service à tous au jour le jour.

02. Thème. Représentation élective et décision

a. Un élu, plus que quiconque, doit respecter les lois, être au service de ses mandants, ne pas pratiquer l’abus de pouvoir.

bL’abus de pouvoir n’est pas une tentation mais la pratique par défaut des responsables : ministre, enseignant, flic, parent, petit chef ou secrétaire, qui n’a pas pratiqué, de façon récurrente et sous prétexte de se protéger, l’abus de pouvoir au quotidien. C’est d’autant plus dangereux que ces abus provoquent, chez les victimes, plutôt le renoncement que la révolte.

Par delà les éclats et les orages, l’affirmation concrète et permanente du fondement démocratique de l’autorité des élus peut permettre, non d’éviter les conflits mais de les faire déboucher plus sur des avancées que sur des rancœurs.

c. L’élu est d’autant moins à l’abri de ces dérives que la coquille creuse du discours ambiant sur la république et ses valeurs lui donne une impression de légitimité supérieure ; souvent, le représentant élu « organise notre absence pour parler à notre place ». La passivité convenue de la base devient paradoxalement un argument pour déployer plusieurs discours différenciés : aux administrés la peau de chagrin d’un maigre discours formaté, aux égaux le miel revigorant de lieux communs vus comme gelée royale de la connivence, aux supérieurs la langue de bois et la même soumission bougonne qu’on suppose chez ses administrés.

d. La prise de décision est au centre de la contradiction qui organise l’action des élus : il représente ses électeurs absents et, dans une petite organisation, ses électeurs sont présents. La prise de décision devient un délicat équilibre entre nécessaire réactivité et indispensable prise d’avis ; la débrouille, la navigation à vue, la réaction affective, le slalom et le secret, autant de tentations qui traduisent alors l’incapacité à convaincre, le refus de la confrontation des opinions et débouchent le plus souvent sur une politique de clan, donc l’isolement, l’hypocrisie et le mépris des électeurs, qui sont par conséquent accusés de passivité.

e. Dans ce contexte, la tentation est forte pour les responsables du département, de faire élire (candidats « officiels » secrets dans une élection uninominale) un conseil de département sans pouvoir auquel in fine on oubliera même de faire approuver certaines décisions posant problème ! La croupionisation des assemblées est un facteur supplémentaire d’isolement d’un « pouvoir » qui pratique le copinage et la clientélisation de ses marges. Toute voix discordante, dans ce ronron feutré, sera mise sur la touche et finalement expulsée par lassitude et dégoûtation.

f. Le processus atteint son développement complet quand plus aucune décision n’est prise hors d’un cercle minuscule, décisions n’ayant presque plus, d’ailleurs, de valeur politique puisqu’elle ne concerne, en dehors de la couleur de la machine à café, que le cercle en question. Quand un avis est pris, c’est toujours dans l’urgence d’un tête à tête technique où le débat ne porte que sur l’application locale de mesures d’ensemble prises ailleurs. Quand, par exception, on délègue, c’est systématiquement pour un boulot qu’on ne veut pas faire.

Ainsi l’étrange politique, baptisée étrangère, jamais discutée, même en conseil de département, totalement inconnue de la plupart des acteurs, se traduit en pratique par de nombreuses missions, bien achalandées, où quelques responsables parcourent l’Europe pour d’improbables mais mirifiques retombées. Quand, par exception, ce sont d’autres qui viennent nous voir, ça ne concerne ni les membres du département, ni même souvent ses locaux !

Ainsi la décision, unanimement contestée, d’arrêter une pratique active de recrutement des étudiants, bénévolement pratiquée par les enseignants, parce que la nouvelle direction de 2002 trouvait trop lourd de l’organiser : le résultat est un passage de 6 à 3 groupes de deuxième année en trois ans.

Ainsi les faux stages à l’étranger, bien discrets et sans aucune délibération du conseil de département. Mais Léonardo, ça fait joli dans le tableau.

Ainsi, la seule réunion pédagogique (et seule réunion tout court) dans le département Gea depuis 4 ans a constitué dans une explicitation des textes gouvernementaux.

Ainsi la destruction systématique du travail des informaticiens pour bâtir un système d’information pédagogique, contre l’avis (pourtant récent) du conseil de département.

03. Conflit. Quelles origines ? (très incomplet)

a. Une anomalie soudaine ou résistante, un changement de contexte inattendu, un bruit de couloir, une difficulté insoluble conduisent un acteur, après avoir éventuellement demandé des explications, à se faire accusateur, à initier un conflit : le démarrage du conflit est le plus souvent dû moins à l’anomalie constatée qu’à l’absence ou à l’échec de la phase de négociation.

Un départ de conflit dans une organisation ne repose pas tant sur une différence d’opinion entre les protagonistes que sur l’impossibilité d’expliciter ce différent ; c’est ce différent bâtardisé (incomplet, mal formulé, etc.) qui sera ensuite le plus souvent ressenti comme la cause centrale du conflit. Son explicitation (souvent partielle) ultérieure donnera donc l’impression qu’une certaine distance temporelle est indispensable pour purifier l’apparence d’un conflit alors qu’il est le plus souvent réellement impur au départ ; c’est le combat pour les alliances qui est central dans la simplification et l’élicitation progressive des thèmes d’un conflit.

b. Ainsi, en Gea, l’explicitation du conflit en cours concernant le service de Jean-Michel Millot donne l’alternative suivante : s’agit-il de la correcte rémunération de l’activité d’un responsable ou d’un détournement de fonds ? Cette explicitation, qui permettrait le débat, est rendu délicate par le refus de Jean-Michel de dire ce qu’il en est réellement de son enseignement en Gea depuis trois ans. Le conflit porte alors sur la légitimité de la question « quel est ton service réel », ce qui permet immédiatement aux défenseurs de s’offusquer de toute tentative de poser la vraie question[18] : le blocage est alors total.

04. Conflit. Asymétrie des parties ?

a. De très nombreux conflits, en particulier les conflits sociaux, apparaissent, vu de l’extérieur, comme n’ayant au départ qu’un protagoniste actif : les employés se mettent en grève, l’enseignant Chose écrit au recteur, la société Machin licencie… L’autre pôle est vu comme passif, voire pris par surprise (il est de bonne guerre pour lui de camper un moment à ce poste). Le protagoniste, dont la réaction est ainsi socialement dévalorisée[19], devient apparemment l’initiateur unique du conflit alors qu’il n’est le plus souvent que le messager bougon, rendant publique une anomalie supposée. Le travail de constitution d’alliances des deux parties fait que, souvent, cette situation ne dure pas.

b. Il est cependant fréquent, en particulier lors de micro-conflits, que cette situation perdure, non que le pôle accusé ne soit pas visible, mais parce qu’il trouve avantage à nier l’existence même de l’anomalie ou même l’existence d’un conflit : la position hiérarchique des acteurs, certains habitus sociaux, la mauvaise qualité du dossier d’accusation, l’éloignement géographique ou institutionnel favorisent souvent cette situation.

L’accusateur est alors fréquemment poussé par ce genre de blocage administratif à la crispation sur sa vérité, à l’exaspération et ainsi à l’extension démesurée du problème et/ou de sa perception : parfois, cela peut conduire à des faux-pas ou la peur  ou la lassitude. Mais un chercheur ne lâche pas si facilement un aussi croustillant sujet d’étude.

Cette situation n’est toutefois pas sans risque pour l’accusé, qui s’interdit ainsi toute recherche publique d’alliances.

c. En Gea, le blocage décrit en 03b produit un effet bizarre : il oblige l’accusateur à élargir le cercle des connaisseurs, ce qui est exactement ce que redoute le plus l’accusé et ses soutiens (mais gêne aussi de nombreuses personnes, dont je suis, qui ont peur que ces « révélations » ne nuisent à l’image de l’Iut voire fasse peser un soupçon injuste sur des personnels rendant de grands services et pour lesquels, dans des proportions raisonnables, un système de défraiement a été mis en place). D’où les effets de manches qu’on imagine, les pressions, les objurgations, les supplications voire les insultes.

L’accusateur est chargé de tous les maux, surtout par ceux-là même qui ont tous les éléments en main pour résoudre discrètement et proprement le problème et qui ont le pouvoir de le faire. Le directeur de l’Iut semble porter à présent la responsabilité de l’actuel blocage : il a les informations, il a le pouvoir réglementaire, il a eu le temps et même beaucoup de temps ; peu de responsables peuvent en dire autant dans des situations du même ordre !



[1] Il y a un an (au moment du début de l’écriture de ce papier) s’éteignait Karol Wojtyła. Hommage. Ce mot d’ordre est adressé avec tendresse à mes collègues, à moi, et à ceux, tellement nombreux, qui se trouvent dans une situation similaire.

[2] Deux résumés (ou un double), un de l’action, l’autre de l’analyse. C’est comme ça.

[3] Voir détails dans l’Annexe 01. À lire en priorité pour ceux qui, au ciné-club, préfèrent le film au débat.

[4] Le signataire. Je serai présent en tant que je, en tant qu’accusateur, en tant que Philippe Grandemange, en tant que signataire de l’article, en fonction des circonstances Le lecteur me pardonnera, j’espère, cette invasion égotique comme concession à la difficulté de la narration.

[5] Pour fixer les idées, cela correspond à peu près à ce que coûte au département l’ingénieur système en informatique (charges patronales comprises) ou le budget actuel de l’informatique (dont une moitié pour les portables des enseignants). Payé intégralement sur le budget du département.

[6] Interdisant donc tout contrôle pluriel et contradictoire. Ceci est central (et banalement habituel).

[7] Cette période est caractérisée par la diffusion aux intéressés (Jean-Michel Millot et surtout Jean-Marie Gourdon) de textes dont j’annonce parfois qu’ils seront diffusés plus largement ; Jean-Marie Gourdon essaie de me dissuader de rendre ces éléments publics. Je cède chaque fois, après promesse plus ou moins claire qu’il fera quelque chose ; je préfère moi aussi une solution discrète, sans humiliation. Mais ça traîne… Détails dans l’annexe 01.

[8] Ce qualificatif n’est pas galvaudé. Ce conflit s’apparente à un autre : un grand merci aux habitants d’Aulus les bains, dont la fermeté est aussi à l’origine de la mienne (surtout Martine, cf [Addha] [Papaï]).

[9] Voir l’annexe 02 et aussi les autres. La lecture en continu des annexes est pénible (longueurs, exaltation et surtout redondances) mais instructives pour bien comprendre l’intérêt de normes de gestion d’un conflit. Voir aussi la partie 06.

[10] Ce papier restera simple : la psychologie, quand on ne peut l’éviter, sera populaire et la sociologie ira pointer au café du commerce. Si on peut tenir un discours pertinent sur les micro-conflits citoyens, il convient de le fonder plutôt sur le sol de la caverne que dans les nuées. On verra aussi que la politique pointe rapidement son nez.

[11] Voir [Cheva] ; mais la politique de développement du mobilier urbain pour lutter contre la grande dépression a toutefois un certain panache. Voir aussi [Carne].

[12] Philippe Grandemange au 06 86 67 81 58 ou courriel à philippe.grandemange@laposte.net.

[13] Voir l’annexe 01.

[14] Dans une micro-organisation au fonctionnement démocratique défaillant, le libéralisme peut prendre la forme caricaturale de la mafia. Mais il y a aussi des Antoine Zacharias.

[15] Il y a quatre manières principales de se servir (ceci suppose toutefois un minimum de discrétion) :

·         prendre un « objet » qui est utile ou qui plaît ;

·         faire le bilan de ses besoins (ou désirs) et se servir à hauteur ;

·         prélever un pourcentage (mentalité de rentier !) sur tout ce qui passe à sa portée ;

·         prendre tout ce qu’il est techniquement possible de prendre, sans référence aux besoins.

[16] C’est le cas de l’Iut (et aussi de Gea, spécifiquement), ce qui pose des problèmes tant au niveau des autres structures universitaires, pauvres, qu’à l’Iut, qui se considère comme assiégé (un peu comme Neuilly, menacé par les 20% de logement sociaux). L’autonomie financière de l’Iut (et sa conséquente richesse) devrait lui permettre de mieux remplir son rôle d’aide à l’ascenseur social, bien malmené ces temps-ci. Et pas à permettre aux élites autoproclamées de Gea ou d’ailleurs de péter plus haut que leur cul. Ascenseur social pour les étudiants et non ascenseur financier pour quelques maladroits malapris.

[17] Tout ceci ne tombe pas du ciel : je l’ai depuis toujours demandé avec insistance à toutes les directions du département, sans effet.

[18] « Si cette photo est vraie, on n’aurais jamais dû la voir » disait la mère de deux soldats américains en Irak, à propos de la soldate sadique d’Abu Graïb et de ses victimes. On ne saurais mieux illustrer la peur du vrai enfouie sous la posture moralisante. Si cette photo n’est pas vue, pas de scandale, donc pas de problème.

NAyezPasPeur05à07

Par Philippe Grandemange :: 09/06/2006 à 17:12 :: Recherche : conflits

Note 19 « La victime, toujours, apparaît agressive. » Swâmi Vivekânanda. Mais il y a aussi les moutons.

05. Conflit. Accusations : vers les insultes ?

a. Un conflit apparaît très fréquemment comme un conflit de personnes ; les spectateurs y voient le plus souvent sa réalité ultime.

En fait, un conflit dans une organisation est presque toujours un conflit portant sur la conception de l’organisation ; les péripéties, les incompréhensions et approximations, les manières de faire des uns et des autres, les coups-bas et abus d’autorité, les gesticulations conduisent le plus souvent le spectateur inattentif à psychologiser l’affaire, renvoyant ainsi les protagonistes dos à dos : le fréquent refus d’engagement des spectateurs dépolitise tout débat et le transforme en spectacle.

b. Une question, fréquemment soulevée par l’un des protagoniste, est celle du droit de l’autre à l’accuser : s’appuyant sur la peur populaire des vagues, il s’agit de dénier à son adversaire le droit même de poser des questions, puisque poser une question est déjà accuser donc déjà condamner[1].

c. Mais de quoi se mêle ce type ? De quel droit vient-il foutre la zone dans le département ? À lui seul, en crachant dans la soupe, il a pourri l’ambiance ! Nous sommes les élus et on n’a pas de compte à lui rendre, ni à personne d’ailleurs ! Il est scandaleux qu’un seul individu aigri, agressif et mal dans sa peau puisse mettre en péril le fonctionnement harmonieux de l’équipe de direction ; de toute façons, les chers collègues ne peuvent pas comprendre, ils sont passifs, veulent toujours plus sans rien donner et nous soupçonnent quoi qu’on fasse. Encore heureux, lors des élections, « on sait bien qui vote pour qui », sinon peut-être que même les secrétaires… Mais le pire, c’est cette volonté de casser et non de construire, on dirait du Françoise Davreu de la grande époque. Il nous a chipoté un changement d’ordinateur au bout de 20 mois, il voulait surveiller tout le monde, on l’a débarqué, c’est notre droit ; si l’élection s’était moins bien passée, on n’aurai pas pu le virer. Ouf ! Il n’arrête pas de râler, on ne peut pas parler avec lui, il engueule tout le monde et tout le monde le déteste et le craint. Il fait pleurer les secrétaires. Et les étudiantes. Personne ne comprend jamais rien à ce qu’il raconte, d’ailleurs, on n’écoute même plus. Ce qu’il veut en réalité, personne ne le sait. Il veut peut être mettre l’Iut en cendres, lui seul en être cause et mourir de plaisir ! Pierre Dupichot, André Ringeval, Érik Gabison, Amanda Benzrihem, Françoise Maille, Esther Gallardo, et j’en oublie, sont partis, il finira bien par se lasser aussi.

Et puis d’abord c’est même pas vrai tout ce qu’il raconte, nous on bosse beaucoup, sans nous le département est foutu. Personne ne peut savoir combien exactement Jean-Michel fait d’heures devant les étudiants. Sans les heures de responsabilité, le département est foutu. Il y en a toujours eu et il y en aura toujours. Et puis tout le monde touche, même le Saint ; Jean-Michel n’est qu’un parmi d’autres. Le département a passé des accords particuliers, il y a longtemps, et on ne peut pas en parler à tout le monde, sinon… Nous seuls pouvons être les gardiens de la parole donnée. En plus, c’est pas nous qui décidons des services en fin de compte : c’est au directeur de l’Iut de contrôler ce que nous lui proposons et de nous bloquer s’il arrive à deviner que trop d’heures sont bidon ! On n’a rien fait, on n’est pas au courant, c’est la faute à d’autres : circulez, y’a rien à voir.

Et puis, le vieux[2], il en tâte depuis des années : il touche peu ou prou 130 heures d’article six chaque année depuis longtemps et il est au maximum pédagogique en heures sup, nul doute qu’il ne fait pas lui non plus toutes ses heures ; on a bien fait de lui retirer sa responsabilité, comme ça en plus on l’a moins sur le dos et l’ambiance du département ne peut qu’en bénéficier ! Jamais il n’aurai osé nous pourrir la vie comme ça si on n’avait pas eu pour lui de coupables faiblesses : le laisser s’incruster un temps dans notre monde, l’envoyer recruter et faire des cours en Sicile, lui payer des voyages en Pologne et en Russie, lui faire confiance sur les dépenses en informatique, lui parler gentiment et même parfois comme à un égal. Et supporter son mauvais caractère et ses discours chiants. Y’en a marre de lui !

d. Droit de demander, droit de chercher à savoir, droit de partager ses questions et ses inquiétudes, droit de brocarder les élites : ça s’appelle la liberté du citoyen, et accessoirement de la presse. On ajoutera le droit de parler librement, d’avancer des hypothèses en cas de refus d’informer. Ceci quelles que soient ses origines, son sexe, ses opinions politiques, son statut, mais aussi ses caractéristiques physiologiques et caractérielles.

Les limites sont inscrites dans la loi et concernent essentiellement l’appel à la violence et à la haine raciale, la diffamation et le dévoilement de la vie privée.

eLa façon dont Jean-Michel Millot se paye en plus de son service ne fait pas partie de sa vie privée ; ce sont les autres qui paient, deux fois pour les membres du département Gea (comme contribuables, comme collègues lésés). Pour ce qui concerne la diffamation, l’absence d’information, si elle n’autorise pas de dérive, permet tout le moins d’échafauder des hypothèses fondées ; je suis pour ma part, confiant sur la prudence de tous en cette matière.

f. Encore le déni du droit à la parole. Une autre objection faite fréquemment par tel ou tel protagoniste à son adversaire est de l’attaquer pour des raisons personnelles ou pour des raisons cachées. Dans le même ordre d’idées, on trouve parfois un déni de droit de critiquer dans le fait que l’adversaire n’est pas totalement « clean » dans l’affaire en jeu mais très souvent aussi pas net dans d’autres domaines de la vie de l’organisation. On pourra, à l’extrême douter des capacités mentales de son adversaire ! On retrouve le thème de l’inutilité de l’écoute de la parole de l’autre mais aussi le thème de l’adversaire comme personne qui combat (pour masquer) ses faiblesses. Pour les chiens, c’est la rage : pour un humain, c’est le doute sur son honnêteté, la critique de sa vie privée ou de ses préférences sexuelles, la mise en exergue d’un désir de revanche, de caractéristiques psychologiques négatives ou d’un dérèglement mental. En général, on a droit à presque tout.

On peut penser à des paroles qui dépassent la pensée, mais alors que penser de la répétition sans fin des mêmes thèmes ? La réalité de ces soupçons n’est pas en cause : vrai ou faux, le débat n’est pas là ; les historiens savent depuis longtemps qu’il est plus productif d’écouter ce que disent les acteurs plutôt que ce qu’on dit d’eux.

Ceci dit, et par delà le ridicule de certains propos, il est clair que les circonstances, les habitus, les allergies, les intérêts matériels ou symboliques des uns et des autres jouent un grand rôle dans le déclenchement et le maintien des conflits : une résistance à une situation peut engendrer une escalade de mots, de soupçons et de coups fourrés conduisant à un conflit franc (voir la geste des hérésies au moyen-âge). Au cours de l’escalade, la tentation est forte de déplacer le nœud du conflit en s’attaquant à la personne pour lui dénier le titre d’adversaire ; c’est une sorte de passage malsain au niveau méta comme ce joueur d’échec en difficulté qui balaie d’un coup le plateau parce qu’il préfère la colère à l’humiliation.

g. Quoi qu’il en soit des formes que l’administration s’impose pour prendre des décisions, on ne peut leur attribuer (sauf amour immodéré du syntactic sugar) de responsabilité directe dans les décisions prises (et aussi initiées) par des hommes : Jean-Michel Millot, directeur des études ou chef de département adjoint, est responsable du service qu’il s’est octroyé par écrit et qu’il a validé ensuite avant de l’envoyer aux services compétents de l’Iut. Il sait parfaitement que tout contrôle est, sauf suspicion expresse, impossible au niveau de l’Iut. Au plus, Patrick Reumaux, chef de département, entre chat et champignon, ne pouvait que difficilement ignorer ce qu’il en était, malgré la répartition explicite des tâches qu’ils avaient convenu. Un élu est au service de ses mandants et il n’est lui-même qu’un mandant parmi les autres. Il convient, en droit comme en morale, de ne pas délocaliser les responsabilités.

06. Conflit. Exemple de gestion

a. La charge de la preuve est à l’accusation. Cette règle est intangible (et souvent transgressée contre les faibles) en droit. On n’a pas manqué de me faire remarquer que je n’avais aucune preuve. On m’a même dit qu’il faudrait, pour une preuve absolue, des témoignages négatifs pour presque chaque heure d’enseignement possible en Gea… donc tu ne peux pas, donc pas de preuve, donc laisse tomber.

Mais je ne suis qu’un chroniqueur (un imprécateur, peut-être, bientôt) : la charge de la preuve est aux autorités responsables qui doivent relayer mon émotion. Je suis, bien malgré moi, au départ, impliqué dans un conflit avec Jean-Michel Millot et la direction du département Gea. J’ai attiré l’attention, pour l’instant, des autorités universitaires, qui peuvent et doivent enquêter et me débarrasser de ce fardeau encombrant. C’est aux autorités de Gea et de l’Iut qu’il convient de s’occuper de cette affaire et me laisser la liberté d’une éventuelle analyse politique.

Le refus têtu d’agir, tant de la direction de Gea que de celle de l’Iut, provoque seul cette impression de blocage total ; je m’étais donné du temps pour les convaincre mais je n’ai pas été au mieux de ma forme puisque toutes les autorités alertées nient l’existence du moindre problème : tout se passe comme si j’étais un olibrius excité qui tente de savoir ce qui ne le regarde pas ! La suite sera bien évidemment d’alerter plus largement (collègues, chefs des autres départements, syndicats, université) afin que les autorités compétentes se réveillent. C’est de la conception du service public d’éducation qu’il s’agit à présent : cette action, de type syndical, n’a rien à voir avec celle d’un juge d’instruction ou de la police.

bLors d’une entrevue entre Jean-Michel et moi, à ma demande, dans son bureau, il me demande, plutôt conciliant : « Comment faire, dans ces conditions pour que tu participes à la vie du département ? ». Et moi, benêt, de répondre : « On règle une bonne fois cette affaire qui nous pourrit la vie à tous et il n’y aura plus de problème ». On ne peut mieux montrer la difficulté de se placer au bon endroit : je le renforçais dans son idée qu’il est au cœur du département et que je suis aux marges. La bonne réponse est : « Quand cette affaire sera réglée, tu pourras aussi reprendre une vie normale dans le département ! »

La gestion d’un conflit n’est pas chose aisée sur l’instant. Il convient donc de mettre en œuvre quelques principes.

cLa démocratie, la rectitude et la transparence sont les thèmes centraux d’une action éthique (par opposition à une guerre). Je présuppose de plus que ce sont les fondements d’une méthode efficace pour mener une action à son terme : la rumeur, la dissimulation, l’intimidation, le mensonge, la force, l’abus de pouvoir, le secret sont des moyens de déstabiliser l’adversaire, pas de mener sérieusement une tâche sur la durée. La ruse est l’arme des faibles, donc ils le restent.

d. Quelques lignes de conduite :

  • Annoncer au préalable à l’adversaire chacune des actions que l’on intente. Lui laisser la possibilité d’argumenter contre et tenir compte de ses avis. Faire systématiquement la même chose avec les alliés, les témoins, les supérieurs hiérarchiques. Ne pas s’inquiéter du fait que certains pourraient en profiter.
  • Avant de lancer une action quelconque, consulter telle ou telle personne hors du coup et tenir compte de ses remarques. Temporiser.
  • Rien n’est caché, tout est fait au grand jour. La discrétion, parfois utile, est à double tranchant : pas d’accord de confidentialité.
  • Rien n’est anonyme, tout est signé et daté. Ne pas trop rechercher l’origine des dires anonymes.
  • Ne pas propager de rumeur, ni pratiquer la désinformation. Vérifier ses sources.
  • Ne pas mentir, même pour un avantage immédiat. Croire et rendre public les mensonges des autres.
  • Pas de langue de bois. Pas d’insulte, mais bien appeler un chat un chat. Ne pas se formaliser outre mesure des insultes des autres.
  • Ne pas faire les poubelles, demander les informations en premier lieu aux intéressés.
  • Pas d’extension du domaine de la lutte : s’en tenir au conflit de base.
  • Un allié est celui qui fait, pas celui qui encourage. Négocier une alliance n’est pas marchander. Ne flatter personne.
  • Se protéger.
  • Prendre son temps.

Cette liste est banale et primitive, sortie d’un esprit benêt : c’est donc naturellement selon ces principes que j’ai mené ce conflit et que je continuerai de le faire.

e. Peut-on évacuer totalement les accidents de parcours, les éclats et la rancœur ? Ce n’est même pas souhaitable car il ne s’agit pas de nier le conflit mais de le résoudre. L’encadrement de l’action ne supprime pas les péripéties, il les relativise et permet de ne pas perdre le cap au milieu de la houle.

Et puis, il ne s’agit pas de discourir en chambre sur les méfaits de la mondialisation, il s’agit de mener fermement une controverse contre une ou des personnes qu’on fréquente (et fréquentera) tous les jours, pour qui on peut avoir par ailleurs de l’affection et de l’estime (même entamés) et avec qui on doit, contre vents et marées, travailler pour (le bien de) l’organisation et (de) ses membres. L’émotion peut, dans ces conditions, difficilement rester derrière la porte.

Conclusion

Il n’y a aucune fatalité à la dérive (tant autoritaire que financière) des dirigeants élus : il faut d’abord qu’ils la veuillent, ce qui n’a rien d’obligatoire, et ensuite qu’ils puisse le faire ; à ce niveau, notre consentement par défaut est un puissant adjuvant aux abus de pouvoir. Reprendre la main n’est toutefois pas chose anodine dans la mesure où le respect des élites, la tranquillité, le clientélisme et le népotisme sont depuis toujours les armes favorites de qui ne sait pas être responsable. Mais c’est possible.

Le silence assourdissant face à des questions insistantes, l’ampleur des détournements qu’il cache devrait faire bondir l’âme la plus charitable[3].

Je dis à mes collègues : n’ayez pas peur.

Bibliographie

Volontairement, ce bref aperçu bibliographique est centré sur les classiques posant peu ou prou le problème du citoyen dans son passage à l’action ; la deuxième version sera plus précise sur la gestion des conflits…

[Addha]     Addha, Lettres, tracts, Aulus les bains, 2005.

[Austi]       John Langshaw Austin, « Quand dire, c’est faire », Seuil, 1970.

[Barth]      Roland Barthes, « Mythologies », Seuil, 1957 ; « Fragments d’un discours amoureux », Seuil, 1977.

[BöllH]      Heinrich Böll, « L’honneur perdu de Katharina Blum », Seuil, 1957.

[Carne]     Dale Carnegie, « How to Win Friends & Influence People », Boston, 1936.

[Cheva]     Gabriel Chevalier, « Clochemerle », Paris, 1934.

[Claus]      Carl von Clausewitz, « Vom Kriege », 1830. En français, chez L. Baudouin, 1887.

[Debor]     Guy Debord, « La société du spectacle », Paris, 1967.

[Despr]     Pierre Desproges, « Chroniques de la haine ordinaire », Seuil, 1987.

[DevLa]    Christophe Devouassoux & Richard Labévière, « Éloge du dogmatisme », L’Aire, 1989.

[Édoua]     Robert Édouard, « Dictionnaire des injures », Paris, 1967.

[Genet]     Gérard Genette, « Figures III », Seuil, 1972.

[Goffm]     Erving Goffman, « La mise en scène de la vie quotidienne. 2. Les relations en public », Minuit, 1973.

[Hobbe]     Thomas Hobbes, « Le citoyen ou les fondements de la politique », Flammarion, 1982.

[Hoffs]      Douglas Hoffstadter, « Gödel, Escher, Bach : les brins d’une guirlande éternelle », InterÉditions, 1985.

[Julie]        Claude Julien, « Le devoir d’irrespect », Alain Moreau, 1979.

[LamyM]  Michel Lamy, « L’université des professeurs. L’immobilisme en mouvement », Punctum, 2005.

[Legen]     Pierre Legendre, « Jouir du pouvoir. Traité de la bureaucratie patriote », Éditions de Minuit, 1978.

[LeGof]     Jacques Le Goff (ed.), « Hérésies et sociétés », Mouton, 1968.

[MarxK]   Karl Marx, « L’idéologie allemande + Thèses sur Feurbach », Éditions sociales, 1964.

[NeuMo]   John von Neumann & Oskar Morgenstern, « The theory of games and economic behaviors », Princeton, 1944.

[Papaï]      Martine Papaïx, Communication particulière, Aulus les bains, 2005.

[Pater]       Massimo Rosario Paterna, « 200 anni di mafia », Sicania, 2001.

[PetHu]     Laurence J. Peter & Raymond Hull, « Le principe de Peter », Stock, 1970.

[WicCo]    Alexandre Wickham & Sophie Coignard, « La nomenklatura française. Pouvoirs et privilèges des élites », Belfond, 1986.

[Ziegl]       Jean Ziegler, « Une Suisse au dessus de tout soupçon », Seuil, 1976.



[1] Voir l’inoubliable lettre aux collègues du chef de département sortant (Patrick Reumaux) envoyée en juillet 2005.

[2] On ne se refait pas.

[3] Sérieusement, posez-lui la question : « Qu’as-tu fait pendant que nous faisions cours ? Qu’as-tu fait de nos crédits de fonctionnement ? Quand tout ceci va-t-il s’arrêter ? ».

NAyezPasPeurAnnexes01à02

Par Philippe Grandemange :: 09/06/2006 à 17:41 :: Recherche : conflits

Annexes

La lecture en continu des annexes est pénible (longueurs, exaltation et surtout redondances) mais instructives pour bien comprendre l’intérêt de normes de gestion d’un conflit.

Chaque annexe est précédée d’un petit chapô explicatif encadré.

Annexe 01. Chronologie succincte de l’affaire (au 1er juin 2006)

Il s’agit de l’ancienne première partie du papier que j’ai trouvée trop lourde. Sa lecture est toutefois recommandée si on aime les contes de fée. Cette annexe est la source des autres.

 

a. Attaques (par Patrick Reumaux, chef de département et Jean-Michel Millot, directeur des études) en 2004 et 2005 contre le système d’information développé par les informaticiens (logiciel de notes accusé d’être non totalement « autonome »[1]). Le conseil de département confirme toutefois charger Philippe Grandemange du développement du logiciel de gestion des étudiants (avril 2005).

b. Juin 2005 : élection du nouveau chef de département. Une très large majorité (21 sur 27) des collègues (titulaires) approuve un texte (Annexe 02) demandant plus de transparence à la prochaine direction élue. Réactions énervées de l’ancienne direction, qui attribue à Philippe Grandemange[2] l’exclusive paternité de la « pétition ». Jean-Michel Millot est élu confortablement chef de département (il a pourtant refusé presque toutes les demandes).

c. Juillet 2005 (juste après les jurys), Jean-Michel m’annonce que je suis déchargé de la gestion de l’informatique[3] dans le département Gea ; le système d’information est « arrêté ». Une seule raison selon Jean-Michel (on ne s’entend pas ; il ajoutera plus tard : tu es contre la politique étrangère du département[4]), trois selon Patrick (tu es désagréable ; tu nous a attaqué de façon négative lors de la campagne électorale ; ton système d’information, on ne peut pas l’éviter[5]). Protestations d’usage : trois lettres à Jean-Michel (aucune réponse), une lettre à Patrick (qui répondra que c’est pour mon bien). Ces courriers sont à la disposition d’un lecteur soupçonneux (à juste titre : comment y croire ?).

d. Juillet 2005. La tonalité et le contenu des discussions avec Patrick et Jean-Michel laisse une impression étrange : au-delà d’une conception « rétro » de l’informatique[6], il apparaît que la lutte contre le système d’information (qui me semble être au centre de mon débarquement) doit aussi largement à un principe d’extrême discrétion, comme si la direction voulait cacher les décharges arbitraires, les heures bidons et le maquillage de certains emplois du temps. Le service de Jean-Michel Millot au cœur du débat sur le système d’information ? Quelques instants d’investigation me convainquent qu’il a passé moins de 200 hetd[7] devant des étudiants en 2004-2005. Vacances d’été.

e. Août 2005. Première version d’une déclaration aux collègues (Annexe 03). Elle sera présentée à Jean-Marie Gourdon en septembre qui me demandera instamment de surseoir. Pas d’autre diffusion jusqu’à présent.

f. Septembre 2005. Confirmation par Jean-Marie Gourdon que le service de Jean-Michel contient bien 768 hetd d’enseignement + article 6[8] (130 heures demandées, un peu moins seront payées). Jean-Marie Gourdon est informé de mon hypothèse : Jean-Michel Millot n’a pas enseigné plus de 200 hetd en 2004-2005 (l’année précédente lui ressemble fort). La question est aussi soulevée pour l’année courante.

g. Septembre 2005. Lettre à Jean-Michel (Annexe 04). Je n’aurai jamais de retour, ni écrit ni oral, malgré quelques relances orales au début. Il prétendra en février 2006 que c’était parce que je voulais exclusivement de l’écrit (c’est faux, et quand bien même !).

h. Octobre 2005. Je demande au directeur de l’Iut de s’emparer du problème : tout en me donnant le détail des heures déclarées par/pour Jean-Michel Millot (Annexe 05), il me convainc de le laisser faire en douceur (il déclare s’intéresser plus à l’avenir qu’au passé). La « drôle de guerre »[9] qui suit durera 5 mois.

i. Novembre 2005. Candidature au conseil de département (Annexe 06) ; j’aurai 8 voix (ainsi qu’un collègue, et 13 voix à la challengère malheureuse de Jean-Michel en juin) contre 18 aux quatre élus (tamponnés direction).

j. Novembre 2005. Voyant que rien ne bouge, je soumets pour avis un projet de lettre à Jean-Michel (Annexe 07) au directeur. Il la trouve un peu dure, me conjure de ne pas l’envoyer et m’envoie prendre un avis auprès d’Élisabeth Guilpain, présidente du Cri (conseil restreint de l’Institut). Elle me demande de ne pas provoquer un scandale, elle a surtout peur des (ré)actions de Françoise Davreu, une collègue de Gea, connue comme grande imprécatrice-procédurière-dénonciatrice ; elle pense comme moi que la solution sans déballage est entre les mains du directeur et elle le courielle en ce sens.

k. Décembre 2005. Entrevue un peu tendue juste avant Noël avec Jean-Marie Gourdon : il me déclare qu’il ne bougera pas (concernant le passé) ; d’ailleurs il a déjà bien assez à faire avec des problèmes bien plus graves (par exemple, les maîtres de conférences qui ne font pas de recherche !).

l. Février 2005. Lettre à Jean-Michel (Annexe 08) contenant aussi le projet de déclaration aux collègues (Annexe 08 suite). À ma demande et sous la pression amicale de Jean-Marie, Jean-Michel accepte de me parler. L’entrevue est décevante : il nie tout, envisage une mise au point aux collègues puis se rétracte partiellement, me demande « pourquoi en vrai » je fais ça, et finit par déclarer qu’en admettant que mes allégations soient vraies, ce n’est pas son problème mais celui du directeur qui seul est responsable, etc.

m. Mon écœurement est sensible dans la deuxième version de la déclaration aux collègues (Annexe 09) que je soumets préalablement au directeur de l’Iut. Il finit par organiser une sorte de réunion quadripartite (avec Élisabeth Guilpain, invitée par Jean-Michel).

nLa réunion, dans le bureau de Jean-Marie.

·        Jean-Marie Gourdon fait une déclaration préalable. Il refuse de s’intéresser au contenu de mon texte, il le considère comme une attaque venant de l’extérieur de l’Iut, qu’il tient à défendre envers et contre tout. Le service de Jean-Michel est celui qui apparaît sur ses états de service et il le reconfirmera s’il le faut. « Si tu publies ça, tu ne fais plus partie de l’Iut ». Ce texte sera « demain sur le bureau du président » de l’Université et il lui dira ce qu’il en pense. Le ton est véhément, l’émotion est affichée (il semble hors de lui).

·        Élisabeth, étonnée par la violence du ton, défend toutefois l’utilité des heures de responsabilité, plus en général que précisément dans le cas de Jean-Michel (mais elle dit qu’il est possible de faire 768 heures d’enseignement).

·        Jean-Michel déclare qu’il fait bien plus d’heures d’enseignement que 200 (refuse de dire combien) mais admet qu’il y a des heures de responsabilité dans les 768 heures qu’il a déclaré en 2004-2005. Il ajoute qu’il n’a pas à me rendre de comptes et que c’est l’insulter que de lui poser la question.

·        Je déclare que si j’ai tort (pas ou peu d’heures de responsabilité), il est facile de m’en convaincre en décrivant les enseignements effectués : je suis déterminé dans ce cas à présenter mes excuses, y compris publiquement (alors que rien ne l’est).
Sinon, soit Jean-Michel reconnaît la réalité de mes « calculs » et peut alors s’engager un débat sain sur la manière de rémunérer les responsabilités : je maintiens toutefois que, dans ce cas, c’est trop. Soit il refuse de l’admettre et il démontre en creux qu’il a pratiqué sciemment et discrètement un détournement de fonds. Or, il nie
[10].

·        La suite, trop confuse pour être mémorisé en entier, contient quelques perles du style « tu veux détruire l’Iut », « pendant ce temps, Jean-Michel refaisait la maquette[11] », « je me dois de couvrir mes collaborateurs », « il y a d’autres problèmes en Gea » et même « tu es à la fois flic, procureur, tribunal et juge d’application des peines[12] » mais aussi « tu te venges », « on ne peut pas te parler », « tu es fatigué », « tu devrais prendre soin de toi »…

·        Incident significatif en fin de réunion : suite à une déclaration où je martèle « je sais très exactement pourquoi vous (Élisabeth et Jean-Marie) êtes opposés à ma démarche », Jean-Marie, n’entendant que son nom, « tu m’attaques, c’est moi que tu veux abattre, je ne fais que 150 heures de cours et si quelqu’un veut ma place… ! ». Jean-Michel renchérit. Élisabeth essaie de dire qu’elle n’a pas compris ça et j’essaie de dire que Jean-Marie n’a rien à voir là-dedans[13]… Brouhahas et confusion. Fin.

o. Mars 2006. Deux courriels (Annexe 10) ou comment bloquer ce qu’on avait prétendu débloquer sur un coup de tête. Jean-Marie Gourdon souhaite en réalité que je ne fasse rien. Je lui laisse donc la main. Mais lui ne fera rien, même avec le Président.

p. Rencontre avec Jean-Pierre Jardin, ancien président du Cri et syndicaliste au SneSup : il tombe des nues, même s’il a déjà eu des soupçons à propos de la gestion de Gea. Il dit que c’est le rôle des syndicats de demander au directeur non seulement des éclaircissements sur le sujet, mais aussi de remettre de l’ordre dans ce domaine (il s’agit d’argent public).

q. Avril/mai 2006. Rédaction de ce texte (première version). Je compte demander au Labrador de le publier : en cas de (probable) refus, j’essaierai une publication extra-universitaire (ça devrait prendre pas mal de temps). Ce texte, par ailleurs, servira de réservoir et sera intégralement diffusé à terme auprès des intéressés (et des intéressants). Il sera modifié au fur et à mesure de l’évolution de la situation.

rOn voit que, fin Mai 2006, il ne s’est encore (presque) rien passé. À suivre.


Annexe 02. Juin 2005. Le texte pendant la campagne électorale

Ce texte, imaginé par d’autres que moi, pris en charge par quatre enseignants dont moi, a suscité un débat intéressant parmi les permanents (et d’autres) en Gea. Malgré des explications de texte venant de plusieurs côtés, l’ancienne direction s’est braquée : ce fait, qui semblait inexplicable pour ce qui concerne Jean-Michel, cadre à présent très bien, ainsi que son refus à peu près total en réunion et absolument total ensuite.

La faiblesse essentielle de ce texte tient, à mon avis, dans sa timidité (due en particulier au désir de tous de ne pas pourrir la candidature de Jean-Michel ; lors de sa publication définitive, Virginie n’étais pas encore candidate) : la suite a montré que nous avons eu sans doute tort.

 

Département Gea de l’Iut de Saint-Denis

Élection du chef de département (9 juin 2005)

1. Exposé des motifs

  • La partie 2 de ce texte présente un certain nombre de propositions concrètes à soumettre aux membres titulaires du département Gea pour l’élection de la nouvelle direction. Vous pouvez vous y associer en contactant un des signataires actuels.
  • Ces propositions sont présentées sans hiérarchie et indépendamment. Les signataires ne les soutiennent pas forcément toutes mais les considèrent comme pertinentes.
  • Nous souhaitons que d’autres propositions nous parviennent avant la réunion (nous les présenterons) ou soient soumises directement à l’assemblée élective.
  • Les signataires de ces propositions ne sont candidats à rien.
  • Nous souhaitons simplement qu’on débatte de ces propositions (ainsi que de toutes celles qui émergeront). Et qu’on les soumette à un vote indicatif d’orientation.
  • Nous appellerons les candidats à se prononcer sur elles : les personnels titulaires pourront ainsi se déterminer sur des projets autant que sur des personnes.

2. Propositions (à approuver, critiquer, modifier…)

  1. Publication, à chaque échéance, des prévisions de dépenses de l’année N et des dépenses réelles de l’année N-1.
  2. Publication annuelle des bénéficiaires de l’article 6, des sommes, des motifs.
  3. Publication des affectations d’heures supplémentaires, par statuts et par matières.
  4. Publication des (types de) postes (de toutes natures) à pourvoir et discussion préalable par tous avant la décision finale du conseil de département.
  5. Publication par lettre individuelle à tous de l’ordre du jour puis du compte rendu de chaque réunion du conseil de département. Invitation des gens concernés.
  6. Publication de la liste des personnels du département (y compris les vacataires) avec leurs coordonnées (en particulier, adresse de courriel).
  7. Recrutement de tous les nouveaux étudiants après un entretien individuel avec la collaboration de tous les membres (volontaires) du département.
  8. Une réunion d’orientation politique et pédagogique par an (au moins : en octobre ?) ouverte à tous (y compris aux délégués des étudiants). Présentation des nouveaux.
  9. Renouveau de la coopération avec les autres départements Gea.
  10. Coopération active avec les autres départements de l’Iut de Saint-Denis (renforcer les synergies et les accords locaux). Meilleure intégration dans l’Iut et l’Université.
  11. Trouver un moyen d’associer réellement les personnels vacataires à l’élection du chef de département (nommé in fine par le directeur de l’Iut).

 

Signataires (21) : Catherine Bayen, Nathalie Comeau, Monique Dalsace, Christine Delory-Montberger, Marie-Françoise Delaite, Tina Di Chiara, Hubert Dubia, Hélène Ewenczyk, Jean Ferreux, Esther Gallardo, Jean-Marie Gourdon, Dominique Gourdon-Monfrais, Philippe Grandemange, Suzanne Körösi, Françoise Maille, Jean Mbokoko, Monique Porteret, Virginie Srecki, Dominique Travers, Catherine Vannier, Rachid Zouhhad.

Saint-Denis le premier juin 2005 à 22 heures 30




[1] Ils souhaitent que tout soit automatique, que le secrétariat seul pilote les jurys. Avec Apogée et son interface, ils sont servis !

[2] L’idée n’est pas de moi. Si j’ai bien compris, dans l’esprit des concepteurs, il s’agissait, en lui proposant de rompre clairement avec certains aspects de la gestion de l’ancienne direction, de permettre à Jean-Michel Millot d’être « bien élu » en ressoudant la direction avec l’ensemble des collègues. Il ne semble pas que cet objectif ait été correctement rempli…

[3] Je suis le seul enseignant formé en informatique non seulement de Gea, mais de l’ensemble de l’Iut. Il semble que l’informatique n’a plus la confiance de la direction et qu’elle a donc décidé de la dissoudre et d’en élire une autre.

[4] Je lui laisse la responsabilité de la dénomination de cette étrange « politique ». Précision : le mot contre est inadapté, goguenard semble plus pertinent.

[5] « Tout le département est fliqué ». En fait, ce système d’information sommaire (par rapport à ce qui se développe partout) permettait aux enseignants de rentrer leurs notes et aux étudiants de les voir et de modifier leurs informations personnelles. Les étudiants avaient largement contribué au design et à la réalisation du système (base de données, interface et système d’aide) ; sa rusticité lui permettait de rester maîtrisable par tous (et donc d’être objet d’enseignement, en particulier en informatique).

[6] « Des ordinateurs, des logiciels de bureautique et de comptabilité et des fils pour l’accès à Internet ». Ceci est à rapprocher du texte du profil d’enseignement du poste MCF d’informatique publié en 2006 (la première demande est la capacité d’enseigner Ciel compta !) et du refus têtu de Jean-Michel (jeune agrégé de gestion) d’apprendre le moindre logiciel de gestion. Il pense sans doute que les logiciels sont faits pour les informaticiens… (je vous jure que je lui ai pourtant expliqué le truc plusieurs fois).

[7] Heure équivalent Td : mesure théorique du temps, effectivement décompté aux enseignants (pour leur service de base et le paiement des éventuelles heures supplémentaires). Barème : une heure de cours en amphi = 1,5 hetd, une heure de travaux dirigés = 1 hetd, une heure de travaux pratiques = 0,75 hetd…

[8] Les heures dites d’« article 6 » concernent les composantes universitaires dérogatoires (comme notre Iut). Une partie (non utilisée) des heures d’enseignement de formation continue peut être mutualisée et répartie (en heures de responsabilité) sous certaines conditions à des collègues ayant rendu des services signalés à la formation continue (sans toutefois y enseigner), le tout sous la responsabilité du directeur de la composante. Exemples standards : aide au recrutement ; accueil, entretien, permanence et pilotage informatiques (mon cas jusqu’à 2004-2005) ; coopération avec les entreprises (ou gestion d’un gros carnet d’adresses)… Mais un département qui possède de la formation continue (Gea) peut aussi, plus ou moins discrètement, rémunérer les responsabilités administratives et pédagogiques des uns et des autres avec l’article 6. Majoritairement, les collègues de Gea trouvent opaques et injustes les critères de distribution de cette « manne ». J’aimerais montrer, par cette étude, que cet arbre, assez visible, en cache un autre dans le département Gea : des heures de responsabilité complètement invisibles, basées sur le tripotage des emplois du temps des uns et des autres ; ça concerne probablement moins de personnes mais ma chemise que ça fait au moins autant de pépettes (et sans aucun contrôle possible, y compris par la hiérarchie) !

[9] Il me semble que Jean-Michel a été tenu au courant de mes tentatives de courrier auprès de lui par le directeur. Rien de scandaleux là-dedans, au contraire, il n’y a jamais eu de demande explicite ou implicite (il me semble) de confidentialité entre Jean-Marie Gourdon et moi.

[10] Donc, soit il ment, soit je me trompe. Devinez.

[11] Sous-entendu, moi et le reste de l’Iut poussions l’escarpolette en regardant le foot à la télé !

[12] J’ai échappé de peu à maton (ou garde chiourme).

[13] C’est une constante absolue de mon action (Jean-Marie et Élisabeth le savent bien) : il s’agit d’un problème de Gea. Je dois souvent freiner les gens dont je prends les avis contre la tentation du tout ou rien : s’il y a d’autres problèmes du même type dans l’Iut, c’est l’affaire des gens qui sont au courant. Je ne suis en aucun cas un cristallisoir d’aigreurs, je ne suis pas sûr d’être l’Allonsenfan de tout l’Iut.

En fait, je voulais enchaîner sur trois idées (je l’ai dit juste après à Élisabeth, qui en était aussi destinataire) :

·         vous tremblez pour la réputation de l’Iut (des Iut !) et son indépendance financière. C’est couvrir ce genre d’affaire qui est NuitGrave pour l’Iut ;

·         parce que vous confondez syntaxe et vol à la tire (ie, pour vous, qui vole un œuf vole un bœuf et tous les petits arrangements de l’Iut seraient également répréhensibles). Un observateur extérieur n’est pas forcément un imbécile ;

·         mais aussi, vous craignez qu’un débat généralisé sur la question n’apporte de l’eau à mon moulin et ne pose, à terme, des problèmes de recrutement des « élites » !

NAyezPasPeurAnnexes03à06

Par Philippe Grandemange :: 09/06/2006 à 17:49 :: Recherche : conflits

Annexe 03. Août 2005. Déclaration aux collègues (non diffusée)

Pondu en plein mois d’août, ce texte est visiblement un défouloir total. La colère et l’amertume, l’impression d’avoir été roulé y sont très sensibles ; ce qui n’empêche ni les arguments, ni le fonctionnement normal de la raison. Jean-Marie, en le recevant pour avis à la rentrée, m’a gentiment calmé. C’est tant mieux, même si je ne renie en rien ce texte. Mais il manque son but, par excès d’émotion. Ce ne sera pas la dernière fois.

Nota : les « notes explicatives » n’étaient pas, au départ, destinées à la diffusion.

 

Chers collègues, électeurs, contribuables, fonctionnaires et citoyens…

Amis de l’élégance, de la finesse et de l’humour…

 

La direction du département m’a déchargé de la responsabilité de l’informatique.

Ils ont, d’un certain point de vue, bien fait.

J’ai repris mes études avec ardeur.

Des études de comptabilité élémentaire.

 

Si un agrégé fait 200 heures (équiv. td) devant les étudiants et qu’il est payé :

  • 384 heures normales
  • 384 heures sup
  • 130 heures d’article 6

soient 900 heures (prêtez-moi deux heures, je vous les rendrai, au point ou on en est.)

Cet heureux collègue a donc 700 heures (équiv td) de responsabilités.

Un agrégé doit 12 heures hebdomadaires (équiv td) de service devant étudiants ce qui correspond à 35 heures de travail effectif comme (presque) tous les français : une heure (équiv td) d’enseignement correspond donc à environ 3 heures de travail de bureau (en durée, je ne parle pas de qualité).

Ce dévoué collègue (qui travaille 36 semaines, soit 4 de plus que les autres, je suis généreux) travaille 2100 heures de bureau par an au service exclusif du département, ce qui correspond à (ne chipotons pas) 58 heures de travail hebdomadaire exclusivement au service des étudiants et de ses collègues.

Nul doute qu’un travailleur pareil serait accueilli par des viva dans son département.

 

Et, hop, maintenant sans les mains.

Noël, Noël, il existe et il fait même ça en quatre jours, et en se fatigant bien moins que son prédécesseur (il me l’a dit, il tient à ses vacances de Pâques).

Et sans notre accord, d’une façon ou d’une autre (tu te trompes, Patrick, on n’a pas demandé à voir, on a demandé à être associés).

Ceci est démocratiquement insultant, moralement insupportable.

Et tombe (heureusement) sous le coup de la loi.

 

Il suffit donc (après m’avoir pardonné pour les inexactitudes de mon calcul, il s’agit d’un ordre de grandeur) qu’il descende à 29 heures par semaine, rembourse la différence au département (soit 350 heures équiv td) ce qui permettra de ne pas réduire certains horaires de matières, de payer toutes ses heures à Hubert… Faire ce calcul et ce remboursement sur les trois dernières années serait franchement élégant.

(Si d’autres responsables sont dans une situation équivalente, leurs remboursements, même modestes, seront les bienvenus.)

Et qu’il se démette de ses responsabilités : on trouvera bien quelqu’un au bout d’un moment, à un tarif plus conforme aux traditions du département (auxquelles nous tenons tous) et à la décence.

Sinon, tribunal administratif, avec beaucoup de retombées désagréables.

 

Philippe Grandemange, le jeudi 4 août 2005

 

Rejoignez le Bouddha (Bureau d'Outillage pour sUpporter la Direction du Département dans l'Harmonie et l'Amour). C’est frais. Et gratuit.

 

Notes explicatives ( ?)

Ce n’est pas trop langue de bois, j’espère, Patrick !

Je ne suis pas venu aujourd’hui pour améliorer immédiatement l’ambiance dans le département, mais pour éviter que ça n’empire.

J’ai largement émis des doutes auprès de mes collègues à l’époque de l’élection sur l’accusation rampante de vous en mettre plein les fouilles (d’ailleurs, on accusait plutôt Patrick).

J’ai eu tort (j’espère que mes collègues ne m’en tiendront pas rigueur).

Il y a trois groupes de personnes qui m’ont aidé dans mon travail.

1. Jean-Michel m’a d’abord mis sur la voie, en niant faire moins d’heures que moi et en affirmant faire beaucoup d’heures en formation continue (hors du champ de la base de donnée).

2. Patrick m’a carrément montré du doigt la raison de mon éviction : « Ton système, on ne peut pas l’éviter ! ».

Il y avait quelque chose à cacher du côté des heures (et pas vers l’article 6). Pas besoin de chercher longtemps. Mes chiffres sont bien sûr mensongers car ils sont approximatifs, mais la marge d’erreur ne devrait pas dépasser 10%.

J’ai fait l’estimation pour l’agrégé en 2004-2005, mais j’aurais aussi bien pu prendre une autres année (certaines sont moins extraordinaires) ou un MC Hdr (mais c’est moins spectaculaire) ; Patrick, si tu as réussi à être spectaculaire, raconte-nous comment tu les nous a baisé, ça nous fera rire un brin.

Naturellement, comme dans tout scandale, je laisse aux gazettes, beaufs et autres béotiens le soin d’attaquer les personnes : ils ont pété les plombs sur le pognon (c’est pas les premiers), ils remboursent et démissionnent, on ne leur demande ni de s’excuser, ni de faire profil bas (manque d’habitude). Sinon, le tribunal tranchera.

J’oubliais la lettre de Patrick de juillet qui mérite le prix Pulitzer : on ne fait pas plus piteux !

3. Je ne remercierai jamais assez le gougnafier (genre Joe Dalton) qui a pillé le patrimoine de la petite commune où j’ai mes habitudes l’été et -surtout- Martine, Bernadette et Michel qui lui ont (malgré les menaces peu voilées et le manque de soutien des « élites ») collé un procès devant le TGI de Toulouse, mais aussi beaucoup d’habitants d’Aulus dont les réactions m’ont aidé dans une ambiance générale plutôt déprimée.

 

Note à l’intention du/des correcteurs[1]

Si les calculs sont vraisemblables et que ça ne risque pas d’aller au pénal je ne vois pas quoi rabattre sur le fond ; par contre je suis prêt à étudier avec qui de droit tous les moyens (y compris les plus humiliants pour moi -devinez !-) susceptibles d’éviter le scandale, la mise en cause de personnes qui travaillent honnêtement (et modestement) ou du département Gea dans son ensemble, de l’Iut etc.

Vous pouvez toujours essayer de me convaincre que ceci n’est rien, mais alors, des preuves, des exemples, pas de baratin.

Ce qui m’excite le plus dans cette affaire : la morgue, « les manières de roi et les fronts prosternés ».

Enfin, j’aurais aimé avoir les vrais chiffres, mais si j’y suis allé vraiment fort, nul doute que la réplique donnera enfin le nombre réel (je vérifierai) d’heures faites par Jean-Michel devant les étudiants. Ce qui sera tout bénef.


Annexe 04. Lettre à Jean-Michel Millot (septembre 05)

Cette lettre à Jean-Michel, très neutre, est le résultat entre autre des discussions nombreuses avec Jean-Marie Gourdon (il me connait, et sait comment me prendre). J’ai vraiment pensé un temps que Jean-Michel, peut-être pressé par son entourage, pourrait répondre. Curieusement, en ne répondant pas, c’est Jean-Marie qu’il gênait, et pourtant, Jean-Marie ne l’a, à ma connaissance, jamais sommé de répondre. Va comprendre.

 

Philippe Grandemange                                                                                        Jean-Michel Millot

Enseignant en informatique                                  à                                          Enseignant en gestion

 

Cher collègue,

 

Je reviens vers toi pour te prier de me communiquer l’information suivante : combien d’heures d’enseignement devant des étudiants (s’il te plaît, précise lesquels) as-tu faites pendant l’année universitaire 2004-2005. Si je te demande ça, c’est que j’ai cru comprendre que tu as été payé pour 768 heures (sans compter l’article 6). Il me semble que cela pourrait constituer un problème éthique et légal.

 

Je souhaite évidemment une réponse par écrit (même pour me dire que ça ne me regarde pas) ; tu peux de plus profiter de la réunion pédagogique de demain pour soulever publiquement le problème si tu le désires (y compris en citant ce courrier) : personnellement, demain, je ne le ferai pas.

 

Peut-être désireras-tu aussi t’en ouvrir à Jean-Marie Gourdon, et/ou lui faire parvenir ces informations.

 

Je suis à ta disposition pour en parler si tu le souhaites : je pourrai être plus précis sur les motivations, les modalités et les suites possibles de cette démarche. Je suivrai cette affaire avec beaucoup d’attention et de persévérance.

 

Bien à toi,

 

Philippe Grandemange à Saint-Denis le 14 septembre 2005

 

Copie électronique à Jean-Marie Gourdon.


Annexe 05. Service officiel 2004-2005 commenté de Jean-Michel Millot

J’ai beaucoup hésité avant de publier ce tableau et ses commentaires : jusqu’à présent, Jean-Michel était le seul à qui j’avais fait part de mes hypothèses sur son service (pour lui laisser la primeur de la révélation, tout en l’informant de mes convictions). Le tableau m’a été fourni par Jean-Marie et les commentaires sont de moi (j’ai vérifié mes sources, même pour les informations négatives). Je suis persuadé que le service déclaré de Jean-Michel n’est pas le seul à être fantaisiste : plusieurs pourraient bien être bidon dans la ventilation (ici, ce n’est pas un sur-ensemble de la réalité). On remarquera en particulier la rondeur des chiffres et la délicatesse financière de la répartition entre heures de FI et heures de FC.

 

1. Heures du service statutaire :

Intitulé de la formation

heures

hetd

Formation initiale standard, 2ème année (option Pmo)

38 (cours)

57

Formation initiale standard, 2ème année (option Pmo)

114 (td)

114

Formation initiale standard, 2ème année (option Rh)

62 (cours)

93

Formation initiale standard, 2ème année (option Rh)

120 (td)

120

Formation initiale standard, 2ème année

384

Commentaire : (presque) rien de tout ça. En fait, vingt heures de cours en deuxième année, vingt heures de td (en deuxième année, synthèse ponctuelle) et vingt heures de cours en première année. Total FI : 80 hetd.

 

2. Heures supplémentaires :

Intitulé de la formation

heures

hetd

Formation initiale AS

20 (td)

20

Dut Pmo (texto). ???

20 (td)

20

(sans mention). Alternance ?

44 (td)

44

(sans mention). Alternance ?

36 (cours)

54

DUTA (texto). FC, je parie !

120 (td)

120

Formation continue Fc

28 (td)

28

Formation continue Pmo

98 (td)

98

Formations diverses (payées quasi-toutes au tarif FC)

384

Commentaire : (presque) rien de tout ça. En fait, quatre vingt dix heures de td en formation continue Pmo (deux modules de 45 heures chacun). Total FC : 90 hetd. En particulier, rien en Arrh (Duta), dont il est le responsable pédagogique (dit-il).

 

3. Bilan sur le service du directeur des études de Gea en 2004-2005 : 170 hetd. Il faut ajouter à cet horaire avéré des bricoles (synthèses annuelles, suivi de stages) plafonnées et dont le total ne devrait pas dépasser 30 heures pour un enseignant très actif.

 

C’est pourquoi, à la question :

« Combien d’heures a fait Jean-Michel Millot en 2004-2005 ? »

Je réponds : « Moins de 200 heures (hetd), selon moi. »


Annexe 06. Novembre 2005 : candidature au conseil de département

Ce qui est intéressant, dans cette candidature, c’est qu’elle indique un contexte. Le résultat (battu à plate couture !) était attendu. Mais surtout, la candidature coïncide avec un nouveau courrier à Jean-Michel pour lequel j’espère avoir des réponses…

Il y a, dans ce texte de candidature, beaucoup d’allusions nettes à l’affaire en cours. Mais est-on souvent réellement lu ?

 

Philippe Grandemange, enseignant en informatique, 06 86 67 81 58

 

Chers collègues

 

Je suis candidat au conseil de département dans le collège des enseignants titulaires

 

Avec un programme, très beau et pas cher :

  • reprise des demandes des 21 titulaires du département lors de l’élection de Jean-Michel qui a répondu de façon dilatoire à la plupart (il faut donc insister) ;
  • élargissement de la question de la démocratie sur les heures d’article 6 aux heures de responsabilité prises directement sur les heures d’enseignement[2] ;
  • recrutement urgent d’un informaticien (ça fait six ans que le poste prévu est en tête des demandes de Paris 13) : je suis débordé et je me fais vieux ;
  • amélioration des emplois du temps en mettant les besoins pédagogiques au centre ;
  • mise à plat du fonctionnement de l’année spéciale ;
  • gestion comptable « réelle » et publique du département (un audit immédiat ne serait pas du luxe, ne serais-ce que pour « nous » couvrir face aux orages qui s’annoncent) ;
  • trouver des moyens (y compris des casiers et des responsabilités) pour mieux intégrer les chargés de cours à la vie du département.

Il ne s’agit en aucun cas d’empêcher le département de fonctionner, bien au contraire : mieux s’occuper du recrutement, promouvoir un réel débat sur les modules libres et activités de synthèse qui s’étiolent, soulever le problème du détournement des « stages » à l’étranger, faire de la politique internationale l’affaire de tout le département (en particulier des collègues), promouvoir l’informatique au lieu de la détruire, ne pas considérer que, dans un département de gestion, la seule comptabilité soit de savoir ce que rapporte telle ou telle action, sans jamais se poser la question de ce que coûte « nos » caprices. L’amélioration de l’ambiance passe par le retroussage de manche de tous, pas par la mise à l’écart des moutons noirs.

 

Le système électoral actuel (interdiction des listes) est scandaleux (il ne permet pas l’expression des non-conformes). Il m’oblige à faire le double appel suivant :

  • deux autres candidats sans label de conformité directoriale se présentent : Virginie Srecki et Hubert Dubia. J’invite tous les collègues à voter aussi pour eux même si le programme ci-dessus ne les engage en rien ;
  • si vous décidez de soutenir ma candidature, il semble judicieux de ne voter que pour des candidats non officiels (la chambre d’enregistrement habituelle est presque sûre d’être élue, ne vous inquiétez pas !) afin de pouvoir compter ceux qui ne veulent pas laisser nos dirigeants seuls devant une adversité qui les dépasse.

 

Philippe Grandemange, à Saint-Denis le 9 novembre 2005

 

Ces questions, sous forme précise, seront posées et je crois savoir que nous avons une chance (enfin) d’obtenir des réponses. À bientôt pour les comptes rendus.



[1] En particulier Jean-Marie Gourdon, premier destinataire pour avis de ce poulet. Note ajoutée en avril 2006.

[2] Le sujet est très grave, bien plus que l’article 6 qui n’est que la partie « légale » et émergée de l’iceberg. D’une part parce que la somme concernée est du même ordre et qu’il semble que la répartition soit particulièrement rock’n’roll. Aussi parce que cette évaporation d’heures totalement clandestine se traduit par la transformation d’une partie du budget en heures d’enseignement : c’est comme si on prenait dans la caisse pour surpayer les dirigeants. Enfin, parce que cette pratique, même si elle était à petite échelle, tombe sous le coup de la loi (allez donc interviewer les collègues de l’Iut d’Évreux). Il semble raisonnable d’arrêter tout net ces dérives. (Cette note était, bien entendu, présente dans l’original.)

NAyezPasPeurAnnexes07à08

Par Philippe Grandemange :: 09/06/2006 à 17:58 :: Recherche : conflits

Annexe 07. Novembre 2005 : projet de lettre à Jean-Michel (non envoyée)

C’est Jean-Marie qui a bloqué l’envoi de cette lettre (une version précédente avait déjà été retoquée). Il la trouvait trop dure (!!?) et me disait qu’il était en train d’intervenir auprès des chefs de département sur cette question et que faire du scandale allait le gêner. Nul doute, il a communiqué ce texte à Jean-Michel. La lettre suivante est très semblable, mais elle tient compte des remarques de Jean-Marie sur celle-ci et, surtout, elle a été envoyée (avec un avis mitigé de Jean-Marie).

 

Mon cher Jean-Michel,

 

Je me demande vraiment ce qui a pu t’autoriser à croire que je te laisserais tomber et que tu pouvais te permettre de ne répondre à aucune de mes lettres.

Quand, en 2002, Patrick (dont ce n’est décidément pas le meilleur rôle) cherchait un « esclave », tu étais très embêté ; tu avais vu les précédents directeurs des études bosser comme des fous (et pourtant, dans un meilleur environnement !). Chef, oui, mais ça ! Il a insisté vraiment très gentiment et vous avez convergé avec au moins trois plus : plus de vendredi, plus de recrutement et beaucoup pluS de pépettes. On va surtout parler du troisième.

En 2003-2004 tu t’es vexé après une dispute avec moi montrant que je connaissais très bien le fonctionnement du département : tu as peut-être pensé que c’était dangereux et alors a commencé la chasse (totalement irrationnelle en apparence) à la base de données qui, selon ta parano, risquait de montrer à tous que tu faisais très (très) peu d’enseignement. En bon benêt, j’ai répondu aux attaques sans voir l’aspect vital pour toi du problème. Puis, tu m’as viré, prenant prétexte d’une réticence pourtant bien modeste à ton élection (je pensais vraiment à l’époque que tu pouvais être le meilleur) comme chef. Et ça m’a enfin mis la puce à l’oreille ! Merci. Cette histoire est incomplète, mais je parie toute ma collection de chemises que, une fois ton inconscient inclus, elle n’est pas fausse.

 

Parlons chiffres (je serai réellement ravi si tu me prouves qu’ils sont faux) :

  • il semble que tu te sois payé 768 heures eqTd (+ 130 d’article 6) pour 170 heures eqTd maximum d’enseignement réel en 2004-2005 (idem probablement pour l’année précédente) ;
  • j’en déduis que (sans tenir compte du fait que tu bosses bien moins et bien moins bien, selon moi, que d’autres) tu t’es servi sans contrôle ces deux dernières années le double d’heures (730 par an !) de responsabilité que d’autres, ce qui fait que tu as pété les plombs (= piqué dans la caisse) pour 350 heures eqTd au moins par an (et je suis sympa), et je passe sur ta première année d’esclavage… (je rappelle pour mémoire que l’illégalité porte au minimum sur 600 heures par an) ;
  • je souhaite, avec d’autres,  que tu rembourses l’intégralité de ces 700 heures en passant un accord d’étalement avec Jean-Marie dont visiblement tu ne saisis pas bien les signes (pour moins de 200 heures de détournement, d’autres ont remboursé) ;
  • que ferai-je si tu ne réagis pas (j’y suis habitué et je montrerai une patience qui t’épatera) :
    • d’abord une rencontre avec le médiateur académique (le rendez-vous est déjà prévu, j’ai pris contact à propos d’autre chose pour laisser une chance à une solution locale),
    • si besoin, dans le mois suivant, ce sera une lettre (signée) au service du contentieux du ministère par la voie hiérarchique (ça, c’est la vraie fin de la solution locale « économique » : à ce niveau on te demandera probablement de rembourser toutes les heures, sur 5 ans -voir Évreux-),
    • enfin, si le ministre s’en bat l’œil, plainte auprès du tribunal administratif et/ou au pénal (détournement ou quelque chose de ce genre, l’avocat dit des mots compliqués, mais j’oublie).

 

Je fais tout pour que ceci reste discret ; naturellement, si tu préfères rendre tout public, tu peux ! J’espère que tu ne m’en voudras pas si je me suis trompé dans mes calculs : j’ai attendu sept semaines pour te permettre de communiquer avec Jean-Marie, moi ou d’autres. Je souhaiterais bien évidemment avoir les vrais chiffres, mais ne t’y trompes pas : n’importe quelle instance de vérification te demandera de justifier les chiffres que tu as fait parvenir à Jean-Marie pour être payé. Patrick et toi êtes seuls responsables des états de service des enseignants de Gea (vous avez une délégation du Directeur pour ça). J’espère que tu n’as pas recommencé cette année.

On dit que cette période de responsabilités t’a permis de régler certains problèmes. Tant mieux si ce prêt que tu nous as forcé à te faire a rendu service. Il est temps de rembourser à présent.

Encore une chose : tu as peut-être pensé que puisque Patrick se payait un maximum sans rien faire, tu pouvais t’autoriser toutes les fantaisies, hors morale, civisme et probité. Tu as fait là trois erreurs :

  • Patrick ne fait pas rien, il botanise, il poétise, il traditorise ;
  • ton statut impose que tu y ailles mollo, sinon, c’est le salaire XXL, aux frais des étudiants ;
  • tu n’es pas Patrick.

Une dernière proposition : peux-tu analyser pourquoi et comment en es tu (en est-on) arrivé là ?

 

Bien à toi ; j’aurais, sans ironie, plaisir à parler sérieusement, et avec tendresse, de ça avec toi : il me semble que tu es encore dans le déni, voire le mépris et je te sens un peu fragile pour tenir longtemps cette attitude. J’en veux d’ailleurs à mort à ton entourage (pas seulement Patrick) de t’avoir laissé faire ça (ou alors… ?).

 

Philippe Grandemange, le 8 novembre 2005

 

PS Copie à Jean-Marie. Version recommandée AR si pas d’écho écrit dans les six jours.


Annexe 08. Février 2006 : lettre à Jean-Michel

C’est la première fois que je dis clairement à Jean-Michel ce que je ferai si ça n’avance pas (je suis à présent sûr, qu’aujourd’hui encore il ne m’a pas vraiment lu –donc cru) ; je craignais que cela fasse menace et chantage. Cette prudence ne sert à rien quand, en face, on pense avec son estomac : j’ai été accusé violemment plusieurs fois de menaces et chantage. Cette lettre est au moins la vingtième version, chaque mot est pesé : s’il reste des maladresses, elles sont dues, selon moi, à ma difficulté de me séparer de l’expression visible de mon émotion (pas pro quand on écrit !).

La deuxième partie (le projet de document pour les collègues) a été beaucoup moins fignolée : là aussi l’émotion point sous la dérision. Le ton en est plus carré, moins allusif, moins tendre aussi : j’avais très peur de ne pas être cru ou compris.

 

Mon cher Jean-Michel,

 

Je me demande vraiment ce qui a pu t’autoriser à croire que je te laisserais tomber et que tu pouvais te permettre de ne répondre à aucune de mes lettres (quatre en huit mois).

Racines (en forme de légende urbaine)

Quand, en 2002, Patrick (dont ce n’est décidément pas le meilleur rôle) cherchait un « esclave », tu étais très embêté ; tu avais vu les précédents directeurs des études bosser comme des fous (et pourtant, dans un meilleur environnement !). Chef, oui, mais ça ! Il a insisté vraiment très gentiment et vous avez convergé avec au moins trois plu(s) : plus de vendredi, plus de recrutement et beaucoup pluS de pépettes. On va surtout parler du fric.

En 2003-2004 tu t’es rendu-compte que je connaissais bien le fonctionnement du département : tu as peut-être pensé que c’était dangereux et alors a commencé la chasse (totalement irrationnelle en apparence) à la base de données qui, selon ta parano, risquait de montrer à tous que tu faisais très (très) peu d’enseignement. En bon benêt, j’ai répondu aux attaques sans voir l’aspect vital pour toi du problème. Puis, tu m’as viré, prenant prétexte d’une réticence pourtant bien modeste à ton élection (je pensais vraiment à l’époque que tu pouvais être le meilleur) comme chef. Et ça m’a enfin mis la puce à l’oreille ! Merci. Cette histoire est incomplète, mais je parie toute ma collection de chemises que, une fois ton inconscient inclus, elle n’est pas fausse.

Tronc (massif, forcément massif)

Parlons chiffres (je serai réellement ravi si tu me prouves qu’ils sont faux) :

  • tu t’es payé 768 heures eqTd (+ 130 d’article 6) pour 170 heures eqTd maximum d’enseignement réel en 2004-2005 (idem pour l’année précédente) ;
  • j’en déduis que (sans tenir compte du fait que tu bosses bien moins et bien moins bien, selon moi, que d’autres) tu t’es servi sans contrôle ces deux dernières années très-grand-beaucoup-énorme-plus d’heures (730 par an !) de responsabilité que d’autres ; sur ces heures, 600 sont totalement illégales, les 130 autres (article 6) probablement aussi, mais te seront sûrement pardonnées ;
  • avec d’autres, plus tolérants, je conviens que la moitié au moins (350 heures par an) des ces heures de « responsabilité » est totalement scandaleuse (l’autre, 250 heures de tds bidons + article 6 semblait une -mauvaise- tradition en Gea) : illégales, cachées, arrogantes, sans contrôle, justifiées par mensonges et surtout volées aux étudiants (et aussi aux collègues qui se défoncent réellement pour le département) ;
  • je souhaite, avec d’autres, que tu rembourses l’intégralité de ces 700 heures en passant un accord d’étalement avec le Directeur dont visiblement tu ne saisis pas bien les signes (pour moins de 200 heures de détournement, il est vrai dans d’autres conditions, d’autres ont remboursé) ;
  • je souhaite, en tout état de cause, que tu arrêtes tout net ces pratiques et qu’on trouve un moyen de rendre public l’ensemble des heures de responsabilités (avec contrôle).

Si je n’ai pas de tes nouvelles très vite, dans quelques jours, je rendrai public le texte joint (dont je veux bien discuter la forme et le contenu avec toi préalablement puisque tu en as la primeur –avec d’autres–) ; je ne souhaite pas le faire. Si sa syntaxe est potable, le style en est lourd, le thème banal et les rhèmes convenus. Parlons-en !

Bfff (un peu triste comme en hiver)

J’espère que tu ne m’en voudras pas si je me suis un peu trompé dans mes calculs : j’ai attendu pour te permettre de communiquer avec Jean-Marie (j’ai son accord pour la démarche), moi ou d’autres. Je souhaiterais bien évidemment avoir les vrais chiffres, mais ne t’y trompes pas : n’importe quelle instance de vérification te demandera de justifier les chiffres que tu as fait parvenir à Jean-Marie pour être payé. Patrick et toi êtes seuls responsables des états de service des enseignants de Gea (vous avez une délégation du Directeur pour ça). J’espère que tu n’as pas recommencé tes conneries cette année ! Ni pour toi ni pour ta garde rapprochée !

On dit que cette période de responsabilités t’a permis de régler certains problèmes. Tant mieux si ce prêt que tu nous as forcé à te faire a rendu service. Il est temps de rembourser à présent.

Encore une chose : tu as peut-être pensé que puisque Patrick se payait un maximum sans rien faire, tu pouvais t’autoriser toutes les fantaisies, hors morale, civisme et probité. Tu as fait là quatre erreurs :

  • Patrick ne fait pas rien, il botanise, il charrue, il poétise, il ronchonne, il anime de belles (in)fidèles ;
  • ton statut secondaire imposait que tu y ailles mollo : sinon, c’est le racket xxl, aux frais des étudiants ;
  • tu n’es pas Patrick ;
  • tu n’es pas Patrick.

Et encore : peux-tu analyser pourquoi et comment en es tu (en est-on) arrivé là ?

Bien à toi ; j’aurais, sans ironie, plaisir à parler sérieusement, et avec tendresse, de ça avec toi : il me semble que tu es encore dans le déni, voire le mépris et je te sens un peu fragile pour tenir longtemps cette attitude. J’en veux d’ailleurs à mort à ton entourage (pas seulement Patrick) pour t’avoir « laissé » dériver comme ça.

 

Philippe Grandemange, le 20 février 2006

P.S. Copies à Jean-Marie Gourdon et Élisabeth Guilpain.


Chers collègues,

 

Je voudrais prendre votre avis sur les détournements de fonds[1] exécutés par la direction du département à son profit et au détriment des étudiants lors des années universitaires 2003-2004 et 2004-2005.

Racines

Lors de la campagne de mai-juin 2005 pour l’élection du chef de département, nous étions vingt-deux titulaires à penser faire œuvre utile en demandant à la direction du département de s’ouvrir, d’informer et de prendre des avis en matière de pédagogie, de recrutements (étudiants et personnels)et de défraiement des responsables. En vain[2].

Certains collègues, pas moi, prétendaient même qu’il y avait une certaine évaporation (voyages, défraiements, heures bidons) mais n’avaient pas de preuve et surtout ne voulaient s’attaquer nommément à personne. Mais l’arbre de « l’article 6 » cachait la forêt des « heures de responsabilité » bidons. Depuis, un certain nombre d’informations a affleuré progressivement à ce sujet.

J’ai donc demandé à Jean-Michel, par écrit, fermement, des explications : pas de réaction[3]. Pas non plus de réaction à ma lettre de candidature mentionnant clairement ces pratiques et en exigeant la fin.

Pas de réaction aux initiatives de plus en plus fréquentes et insistantes du directeur de l’Iut (détail des responsabilités et heures perçues en vrai).

On a tout essayé ?

Tronc

Jouons à Jean-Michel jouant avec l’argent public (je serais réellement ravi si quelqu’un pouvait me prouver que ces chiffres sont faux… malheureusement ils sont grosso modo exacts) :

  • il s’est payé 768 heures éqTd (+ 130 heures d’article 6)[4] pour 170 heures éqTd maximum d’enseignement réel[5] en 2004-2005 (idem pour l’année précédente) ;
  • j’en déduis que (sans tenir compte du fait qu’il a bossé bien moins[6] et bien moins bien, selon moi, que d’autres) il s’est servi sans contrôle ces deux dernières années beaucoup plus d’heures (730 par an[7] !) de responsabilité que d’autres avant lui ; sur ces heures, 600 sont totalement illégales, les 130 autres (article 6) probablement aussi, mais lui seront sûrement pardonnées ;
  • avec d’autres, plus tolérants, je veux bien convenir que la moitié au moins (350 heures par an) des ces heures de « responsabilité » est totalement scandaleuse (l’autre, 250 heures de tds bidons + article 6 semblait une -mauvaise- tradition en Gea) : illégales, cachées, arrogantes, sans contrôle, justifiées par mensonges et surtout volées aux étudiants[8] ;
  • je souhaite, avec d’autres, que Jean-Michel rembourse l’intégralité de ces 700 heures en passant par exemple un accord d’étalement avec le Directeur dont il ne saisit visiblement pas bien les signes ; pour moins de 200 heures de détournement, il est vrai dans d’autres conditions, d’autres, de Gea, ont naguère remboursé ;
  • je souhaite en plus qu’il arrête tout net ces pratiques et que, tous ensemble, nous trouvions un moyen de rendre public l’ensemble des heures de responsabilités et leur défraiement (avec contrôle). Avec des critères préalables, homogènes, invariables et publics. Et sans cumul.

Bourgeons, feuilles, fleurs et fruits

Si, comme je le crains, se déclenche une polémique sur trois virgules et une appréciation permettant à notre chef de département de poursuivre sa course solitaire de déni, mensonges, mépris et cha cha cha, de ne rien rembourser, en un mot de continuer dans l’irresponsabilité, une question se pose : que faire ?

1. Si quelqu’un pense que ces chiffres sont faux et/ou que le diagnostic (vol) est exagéré et/ou que tout ça ne vaut pas la peine et/ou qu’il a raison de se payer comme il le sent et/ou que je suis un fouteur de merde[9], dites-le moi aussi de façon construite s’il vous plaît[10]. Je promets d’examiner les preuves, les arguments, les opinions, les bruits et même les insultes avec une patience d’ange. Je ne vous demande pas d’applaudir le pénible[11] boulot que je fais, mais de m’aider à ne pas le faire s’il n’y a pas lieu. Si la majorité des collègues m’écrit individuellement de laisser tomber, je le fais ! Dans le cas contraire, j’en accepte la responsabilité. Oui, mais s’il ne fait rien ?

2. Ne pas se tromper. Le but est d’éviter au maximum que la hiérarchie mette son nez dans ce machin, non par philanthropie, mais parce-que l’administration est souvent tout à la fois inefficace, brutale et peu subtile[12]. Et puis, ils ne sont pas à même d’apprécier dans toutes ses dimensions les incroyables progrès que nous avons fait ces trois dernières années dans la gestion des moulins à vent !

Il ne s’agit pas non plus de vengeance : personne ne demande d’excuses publiques, d’humiliation, de démission. Au contraire, nous avons tous besoin du dirigeant que nous avons élu.

Il convient donc de faire attention à ne pas accuser n’importe qui de n’importe quoi, de ne pas associer toute la direction ex-occulte à ces détournements mais de demander gentiment et fermement à Jean-Michel d’arrêter de le faire et de rembourser 700 heures de trop perçu. Ni plus, ni moins. Mais s’il ne veut pas ?

3. J’invite tous mes collègues à chercher d’autres sources de renseignements que les miennes, à ne pas trop croire aux exagérations qui vont fleurir, à faire pression sur le chef de département pour qu’il dise la vérité, en particulier sur son travail d’enseignant entre 2003 et 2005 ; méfions-nous aussi des bruits de chiottes prétendant que tous les dirigeants sont pourris, qu’il n’est pas le pire[13] et autres remugles (genre complot, on nous cache tout…). Jean-Michel a fait une erreur, il la répare et c’est tout. Si d’autres en ont fait et proposent de rembourser aussi, tant mieux. Mais attention aux lettres anonymes, aux corbeaux et aux rumeurs. Bon, d’accord, on fait doux et propre, mais s’il s’en bat l’œil ?

4. Je considère qu’une responsabilité est une charge ; elle doit être en partie défrayée et en aucun cas rémunérée ; une « carrière » de responsabilité n’a aucun sens (c’était déjà ridicule sous l’ancien régime). Dans ce cadre, je rejoins Jean-Marie pour dire que les responsabilités et leur défraiement doivent être publics et qu’on doit en limiter strictement le cumul. On a compris ! Si rien ne se passe ?

5. La suite ? (Mes excuses à tous les gens à qui, comme moi, ça fend le cœur de laisser attaquer l’Iut).

J’ai pris contact avec les médiateurs (académique et national) de l’Éducation ; en cas de blocage, on peut faire appel à eux. Sinon, une version avec cravate de ce texte partira par la voie hiérarchique vers le recteur et le ministre. Va savoir si un journal régional n’est pas peut-être déjà très intéressé ! La voie judiciaire est envisagée (l’avocat dit que c’est compliqué et long, mais sûr).

J’aimerais bien ne pas avoir à en arriver là. Ce n’est pas mon genre. Mais il faut parfois devoir changer !

 

Chers collègues, je vous prie de bien vouloir m’excuser d’avoir abusé de votre temps et de votre patience pour une histoire bêtement crapuleuse. Je vous prie aussi de croire que je vais suivre les suites de cette affaire avec patience, constance et détermination.

Philippe Grandemange, le 23 février 2006

 

P.S. Copies à Jean-Marie Gourdon, à Élisabeth Guilpain et, en cas, bientôt, aux chefs des autres départements (c’est bien mieux que laisser courir des bruits).

Ne pas jeter ce papier sur la voie publique, les dégâts pouvant dépasser ceux que combat le protocole de Tokyo.



[1] On me pardonnera peut-être d’appeler un chat un chat et un vol un vol. Patrick appréciera en connaisseur (la bafouille de cet été) ma tentative de lutter contre la langue de bois. Donc il s’agit bien d’une histoire de vol.

[2] Même les quelques promesses arrachées : vous avez vu un projet de budget 2006 ? un bilan 2005 ?

[3] Il y a quelques jours, je lui en ai adressé une beaucoup plus détaillée (que je tiens à votre disposition) à laquelle j’ai joint une première version de ce texte : aucune réaction non plus, ni écrite, ni verbale (cette note y figurait !) ; je souhaitais éviter que ce texte soit publié en essayant de régler le problème sans trop de vagues (une fois de plus). Buté, je vous dis !

[4] Chiffres fournis par le directeur de l’Iut.

[5] Je tiens à votre attention un décompte… approximatif (tout est secret…). Vous pouvez aussi demander à l’intéressé.

[6] Personne le vendredi (et plein d’autres jours), fin du recrutement (« je tiens à mes vacances de Pâques »)…

[7] Si on compte qu’une heure d’enseignement (équivalent Td) vaut trois heures de bureau, ça fait 2190 heures de bureau par an soit, pour 32 semaines de travail, 68,5 heures de travail par semaine (hors enseignement), et sur 4 jours, en plus ! Si on considère que la moitié est tolérable, ça fait quand même un travail à plein temps ! On va le dire autrement : 730 heures, c’est (tarif FI) 35 000 €uros (en fait il a eu plus pour ces heures mais je le laisse en exercice). Encore autrement : 25 000 €uros de plus que son salaire de base, alors même qu’il a déjà fait moins de la moitié des heures d’enseignement qu’il doit…

[8] En fin de compte, l’argent des heures de responsabilité est payé sur le budget du département (en un mot, cet argent n’est plus disponible pour autre chose…). Savez-vous que 56% seulement des heures consommées par le département sont effectivement servies aux étudiants ? (chiffre incroyable fourni par le directeur de l’Iut). Cette dernière information est fausse : incompréhension de ma part d’une explication de Jean-Marie Gourdon (ajouté en avril 2006).

[9] Ah, la so called ambiance du département ! Seul le messager peut la briser ? Pas les indélicats ?

[10] Par écrit, par exemple : c’est plus joli, plus utile et plus durable.

[11] Il faut tout d’abord éliminer la colère, puis la peur, puis la tendresse : ce n’est pas brocarder Georges Bush en lisant le Canard, c’est accuser frontalement et publiquement un collègue, un copain (le seul mec du département qui ait jamais bouffé chez moi) et en plus un (plutôt) gentil garçon. Le fait qu’il se soit totalement buté n’arrange paradoxalement rien.

[12] Peut-être pas au point de confondre « piquer dans la caisse » et toucher 40 heures pour une responsabilité, ou un arrangement d’horaire pédagogiquement justifié, ou… La peur est mauvaise conseillère.

[13] C’est bien possible, mais, dans le département Gea , je n’ai pas trouvé. Et je suis en Gea.

NAyezPasPeurAnnexes09à11

Par Philippe Grandemange :: 09/06/2006 à 18:08 :: Recherche : conflits

Annexe 09. Mars 2006 : projet d’adresse aux collègues (non diffusée)

Peu de changements au début dans cette deuxième version de l’adresse aux collègues ; sauf la fin, qui raconte les derniers développements de l’époque. C’est la lecture de cette lettre qui a fait exploser Jean-Marie, et ce n’est pas un hasard si c’est la première lettre publique que j’étais décidé à envoyer, même contre son avis. Je ne renie pratiquement rien du contenu, ni même de la forme mais je ne l’enverrai pas comme ça. Ceci dit, elle est tonique (et toutefois bien trop longue).

 

Chers collègues,

 

Je voudrais prendre votre avis sur les détournements de fonds[1] exécutés par la direction du département à son profit et au détriment des étudiants lors des années universitaires 2003-2004 et 2004-2005.

Racines

Lors de la campagne de mai-juin 2005 pour l’élection du chef de département, nous étions vingt-deux titulaires à penser faire œuvre utile en demandant à la direction du département de s’ouvrir, d’informer et de prendre des avis en matière de pédagogie, de recrutements (étudiants et personnels) et de défraiement des responsables. En vain[2].

Certains collègues, pas moi, prétendaient même qu’il y avait une certaine évaporation (voyages, défraiements, heures bidons) mais n’avaient pas de preuve et surtout ne voulaient s’attaquer nommément à personne. Mais l’arbre de « l’article 6 » cachait la forêt des « heures de responsabilité » bidons. Depuis, un certain nombre d’informations a affleuré progressivement à ce sujet.

J’ai donc demandé à Jean-Michel, par écrit, fermement, des explications : pas de réaction[3]. Pas non plus de réaction à ma lettre de candidature mentionnant clairement ces pratiques et en exigeant la fin.

Pas de réaction aux initiatives de plus en plus fréquentes et insistantes du directeur de l’Iut (détail des responsabilités et heures perçues en vrai).

On a tout essayé ?

Tronc

Jouons à Jean-Michel jouant avec l’argent public (je serais réellement ravi si quelqu’un pouvait me prouver que ces chiffres sont faux… malheureusement ils sont grosso modo exacts) :

  • il s’est payé 768 heures éqTd (+ 130 heures d’article 6)[4] pour 170 heures éqTd maximum d’enseignement réel[5] en 2004-2005 (idem à peu près pour l’année précédente) ;
  • j’en déduis que (sans tenir compte du fait qu’il a bossé bien moins[6] et bien moins bien, selon moi, que d’autres) il s’est servi sans contrôle ces deux dernières années beaucoup plus d’heures (730 par an[7] !) de responsabilité que d’autres avant lui ; sur ces heures, 600 sont totalement illégales, les 130 autres (article 6) probablement aussi, mais lui seront sûrement pardonnées ;
  • avec d’autres, plus tolérants, je veux bien convenir que la moitié au moins (350 heures par an) des ces heures de « responsabilité » est totalement scandaleuse (l’autre, 250 heures de tds bidons + article 6 semblait une -mauvaise- tradition en Gea) : illégales, cachées, arrogantes, sans contrôle, justifiées par mensonges et surtout volées aux étudiants[8] ;
  • je souhaite, avec d’autres, que Jean-Michel rembourse l’intégralité de ces 700 heures en passant par exemple un accord d’étalement avec le Directeur dont il ne saisit visiblement pas bien les signes ; pour moins de 200 heures de détournement, il est vrai dans d’autres conditions, d’autres, de Gea, ont naguère remboursé ;
  • je souhaite en plus qu’il arrête tout net ces pratiques et que, tous ensemble, nous trouvions un moyen de rendre public l’ensemble des heures de responsabilités et leur défraiement (avec contrôle). Avec des critères préalables, homogènes, invariables et publics. Et sans cumul.

Bourgeons, feuilles, fleurs et fruits

Si, comme je le crains, se déclenche une polémique (sur trois virgules et un jugement) permettant à notre chef de département de poursuivre sa course solitaire de déni, mensonges, mépris et cha cha cha, de ne rien rembourser, en un mot de continuer dans l’irresponsabilité, une question se pose : que faire ?

1. Si quelqu’un pense que ces chiffres sont faux et/ou que le diagnostic (vol) est exagéré et/ou que tout ça ne vaut pas la peine et/ou qu’« il a raison de se payer comme il le sent » et/ou que je suis un fouteur de merde[9], dites-le moi aussi de façon construite s’il vous plaît[10]. Je promets d’examiner les preuves, les arguments, les opinions, les bruits et même les insultes avec une patience d’ange. Je ne vous demande pas d’applaudir le pénible[11] boulot que je fais, mais de m’aider à ne pas le faire s’il n’y a pas lieu. Si la majorité des collègues m’écrit individuellement de laisser tomber, je le fais ! Dans le cas contraire, j’en accepte la responsabilité. Oui, mais s’il ne fait rien ?

2. Ne pas se tromper. Le but est d’éviter au maximum que la hiérarchie mette son nez dans ce machin, non par philanthropie, mais parce-que l’administration est souvent tout à la fois inefficace, brutale et peu subtile[12]. Et puis, ils ne sont pas à même d’apprécier dans toutes ses dimensions les incroyables progrès que nous avons fait ces trois dernières années dans la gestion des moulins à vent !

Il ne s’agit pas non plus de vengeance : personne ne demande d’excuses publiques, d’humiliation, de démission. Au contraire, nous avons tous besoin du dirigeant que nous avons élu.

Il convient donc de faire attention à ne pas accuser n’importe qui de n’importe quoi, de ne pas associer toute la direction ex-occulte à ces détournements mais de demander gentiment et fermement à Jean-Michel Millot d’arrêter de le faire et de rembourser 700 heures de trop perçu. Ni plus, ni moins. Voyez-vous un inconvénient à ça ? Non ? Alors ! Mais s’il ne veut pas ?

3. J’invite tous mes collègues à chercher d’autres sources de renseignements que les miennes, à ne pas trop croire aux exagérations qui vont fleurir, à faire pression sur le chef de département pour qu’il dise la vérité, en particulier sur son travail d’enseignant entre 2003 et 2005 ; méfions-nous aussi des bruits de chiottes prétendent que tous les dirigeants sont pourris, qu’il n’est pas le pire[13] et autres remugles (genre complot, on nous cache tout…). Jean-Michel a fait une erreur, il la répare et c’est tout. Si d’autres en ont fait et proposent de rembourser aussi, tant mieux. Mais attention aux lettres anonymes, aux corbeaux et aux rumeurs. Bon, d’accord, on fait doux et propre, mais s’il s’en bat l’œil ?

4. Je considère qu’une responsabilité est une charge ; elle doit être en partie défrayée et en aucun cas rémunérée ; une « carrière » de responsabilité n’a aucun sens (c’était déjà ridicule sous l’ancien régime). Dans ce cadre, je rejoins Jean-Marie pour dire que les responsabilités et leur défraiement doivent être publics et qu’on doit en limiter strictement le cumul. On a compris ! Si rien ne se passe ?

5. La suite ? (Mes excuses à tous les gens à qui, comme moi, ça fend le cœur de faire que l’Iut soit soupçonné du pire). Je commencerai par prévenir (rentrée de printemps) les chefs des autres départements de l’Iut : il s’agit très clairement de prendre un avis auprès d’eux sur la meilleure façon pour que l’affaire reste gestionno-gestionnaire (qu’est-ce que nous portons fièrement ce nom !) et aussi de les prévenir des suites si Jean-Michel continue à jouer la surdité d’un Villepin d’opérette ou d’un Gisquet de banlieue.

Les étudiants du département seront ensuite avisés par des moyens appropriés, et, j’espère, suffisamment énergiques pour alerter et utiliser pleinement leur esprit critique…

J’ai pris contact avec les médiateurs (académique et national) de l’Éducation ; en cas de blocage, on peut faire appel à eux. Sinon, une version avec cravate de ce texte partira par la voie hiérarchique vers le recteur et le ministre. Va savoir si un journal régional n’est pas peut-être déjà très intéressé ! La voie judiciaire est envisagée (l’avocat dit que c’est compliqué et un peu long, mais très sûr).

J’aimerais bien ne pas avoir à en arriver là. Ce n’est pas mon genre. Mais il faut parfois devoir changer !

Petit intermède ludique : j’ai rencontré Jean-Michel et nous avons parlé des affaires du monde…

  • Il nie, mais sans conviction, sans argument : « non, je n’ai pas à te dire à toi mes enseignements, je ferai peut-être une mise au point –vous l’avez vue ?– la semaine prochaine… ». Remarquez que nous lui détaillons tout, à lui !
  • Je lui ai dit ce qu’il avait enseigné en 2004-2005 ; il a fait celui qui ne savait plus bien.
  • Il m’a dit qu’il avait donné le détail au directeur : c’est faux, il ne lui a donné que le papier bidon mentionnant plein d’heures imaginaires (mais invérifiables) et oubliant curieusement quelques bricoles qu’il a effectivement faites !
    Je tremble : il a peut-être raconté les mêmes calembredaines et coquecigrues pour vos emplois du temps ! Le mien aussi ? Fichtre !
  • Le moment le plus rock’n’roll de la brève conversation : « Admettons, je dis bien admettons, admettons, bon, que les chiffres que tu présentes soient exacts : et alors ? Ce n’est pas moi qui suis le donneur d’ordre pour les états des enseignants, c’est Jean-Marie Gourdon… ».
    Sur ce coup là, triple caractéristique pour ce garçon :
    • Il prend de l’argent dans la caisse : indélicat.
    • Il nie et reporte sa responsabilité sur autrui : lâche.
    • Il essaie de mettre dans la(sa) merde celui qui lui a fait confiance : je propose un concours pour le troisième adjectif (personnellement, je vote pour ignoble, mais incontinent ou laid vont très bien aussi).
  • Et encore : « Que veux-tu ? Que veux-tu vraiment ? » Rembourse, Jean-Michel, c’est tout !

 

On me dit ici et là qu’en fait, tout le monde le sait, que tout le monde s’en fout. Très bien. Pouvez-vous relire attentivement les chiffres ? Vous pensiez que c’était tant que ça ? Et ça ne vous gênait pas ? La vérité est que personne ne se doutait de l’ampleur des détournements.

Pouvez-vous comparer ces chiffres avec vos (éventuels) avantages ? Pensez-vous que ceci correspond à un travail ? Poser les questions, c’est y répondre.

On dit que la Cour des comptes est sur notre dos. Si c’est vrai, un ravalement peut aider à améliorer l’aspect de la façade. J’attends vos courriers pour ou contre. Avec attention.

Une dernière chose. J’ai vraiment tout fait, ces six derniers mois, pour éviter de vous associer à cette merde histoire ; j’en vois déjà qui râlent, pour des raisons variées mais finalement à juste titre : ceci n’aurait jamais dû arriver. C’est arrivé, près de chez vous. Et vous a privé (avec tous nos autres collègues et les étudiants) de sommes importantes pour le fonctionnement du département. Nous en sommes tous les victimes. Et pas (encore) les complices. C’est comme ça. C’est réversible. C’est entre les mains du chef de département : il peut très bien imposer au fautif de rembourser.

 

Chers collègues, je vous prie de bien vouloir m’excuser d’avoir abusé de votre temps et de votre patience pour une histoire bêtement crapuleuse (plus de 50 000 €uros, une paille). Je vous prie aussi de croire que je vais animer les suites de cette affaire avec patience, constance et une absolue détermination.

 

Philippe Grandemange, le 26 mars 2006

 

P.S. Copies à Jean-Marie Gourdon (directeur de l’Iut), à Élisabeth Guilpain (directrice du Cri) et, dans un mois en cas de rien ne bouge, aux chefs des autres départements de l’Iut (c’est bien mieux que laisser courir des bruits) : ils pourront ainsi comparer nos pratiques aux leurs en connaissance de cause.

Pour des raisons techniques et politiques (je ne crois pas que la direction accepte d’envoyer ce courrier aux vacataires), seuls les titulaires sont destinataires de ce papier. Informez donc vos chargés de tds, ne serais-ce que pour les prémunir contre les rumeurs de tous bords qui risquent de déferler.

 

 

Ne pas jeter ce papier sur la voie publique, les dégâts pouvant dépasser ceux que combat le protocole de Tokyo.


Annexe 10. Mars 2006. Un échange de courriels

Cet échange de courriers électroniques, au lendemain de la réunion dans le bureau du directeur, présente deux exemples de figures classiques de gestion des conflits (trouver lesquelles est laissé en exercice, mais j’ai mis les indices en italique) : sa lecture en est, selon moi, assez instructive. Je n’ai plus envoyé de courriel à Jean-Marie depuis.

Après cet échange, j’ai décidé d’écrire ce papier, que je destinais au départ exclusivement au président de l’université afin que sa connaissance des faits ne soit pas seulement informelle…

 

Le 29/03/2006 à 15:04

Mon cher Jean-Marie,
Je tiens tout d’abord à te dire mon regret que la réunion d’hier ait été aussi tendue.
Nous sommes cependant tous les quatre, il me semble, d’accord sur un point : il paraît très difficile, voire impossible, de trouver un terrain d’entente au niveau de l’Iut et tu en as donc fort logiquement déduit que l’affaire devait être portée devant la présidence de l’université en lui communicant mon projet de tract en direction des collègues de Gea.
Je vais demander très bientôt une entrevue au président de l’université sur ce sujet; je continue à te tenir au courant préalablement de toutes mes démarches et à tenir compte de tes avis autant que faire se peut, comme je l’ai fait depuis septembre 2005. Je souhaite, comme Élisabeth et toi, que, dans la mesure du possible, l’Iut ne soit pas éclaboussé par cette affaire ; puisqu’il n’y a plus de «blocage», il serait inadéquat à présent de communiquer ce tract à nos collègues de Gea. Une chance supplémentaire est donc donnée à un règlement amiable, sans accusation publique de quelque sorte.
Bien à toi,
Philippe
PS Je suis désolé que tu aies pu penser que ceci puisse être dirigé, même indirectement, contre toi. C’est le contraire qui est vrai. Crois-moi.

 

To: Philippe Grandemange

Subject: Re: Suite de la réunion du 28 mars 2006

Mon cher Philippe,
Je te remercie pour ton mel, sur le fond et la forme.
Je tiens à t'informer qu'hier j'ai évoqué avec le président notre affaire sans rentrer dans les détails.
Si ta réflexion t'amenait à prendre effectivement un rdv avec lui, j'ai bien noté que tu m'en informerais.
Je reste à ta disposition pour trouver avec toi "un règlement amiable"
à toute cette affaire et retrouver la sérénité qui convient.
Jean-Marie

 

 

Annexe 11. Mai 2006. La première version de ce document

Autoréférence. Retour à la page 1. Et ainsi de suite…



[1] On me pardonnera peut-être d’appeler un chat un chat et un vol un vol. Patrick appréciera en connaisseur (la bafouille de cet été) ma tentative de lutter contre la langue de bois. Donc il s’agit bien d’une histoire de vol.

[2] Même les quelques promesses arrachées : vous avez vu un projet de budget 2006 ? un bilan 2005 ?

[3] Il y a un mois, je lui en ai adressé une beaucoup plus détaillée (que je tiens à votre disposition) à laquelle j’ai joint une première version de ce texte ; je souhaitais éviter que ce texte soit publié en essayant de régler le problème sans trop de vagues (une fois de plus). Il a enfin accepté (sur la demande expresse du directeur) de me parler ! Voir plus loin.

[4] Chiffres fournis par le directeur de l’Iut.

[5] Je tiens à votre attention un décompte… approximatif (tout est secret…). Vous pouvez aussi demander à l’intéressé. Mon téléphone : 06 86 67 81 58. Celui de Jean-Michel : 06 86 67 81 50.

[6] Personne le vendredi (et plein d’autres jours), fin du recrutement (« je tiens à mes vacances de Pâques »)…

[7] Si on compte qu’une heure d’enseignement (équivalent Td) vaut trois heures de bureau, ça fait 2190 heures de bureau par an soit, pour 32 semaines de travail, 68,5 heures de travail par semaine (hors enseignement), et sur 4 jours, en plus ! Si on considère que la moitié est tolérable, ça fait quand même un travail à plein temps ! On va le dire autrement : 730 heures, c’est (tarif FI) 35 000 €uros (en fait il a eu plus pour ces heures mais je le laisse en exercice). Encore autrement : 25 000 €uros de plus que son salaire de base, alors même qu’il a déjà fait moins de la moitié des heures d’enseignement qu’il doit…

[8] En fin de compte, l’argent des heures de responsabilité est payé sur le budget du département (en un mot, cet argent n’est plus disponible pour autre chose…).

[9] Ah, la so called ambiance du département ! Seul le messager peut la briser ? Pas les indélicats ?

[10] Par écrit, par exemple : c’est plus joli, plus utile et plus durable.

[11] Il faut tout d’abord éliminer la colère, puis la peur, puis la tendresse : ce n’est pas brocarder Georges Bush en lisant le Canard, c’est accuser frontalement et publiquement un collègue, un copain (le seul mec du département qui ait jamais bouffé chez moi) et en plus un (plutôt) gentil garçon. Le fait qu’il se soit totalement buté ne facilite paradoxalement rien.

[12] Peut-être pas au point de confondre « piquer dans la caisse » et toucher 30 heures pour une responsabilité, ou un arrangement d’horaire, ou… La peur est mauvaise conseillère, elle transforme vite les victimes en complices. C’est à vous que je parle.

[13] C’est bien possible, mais, dans le département Gea, je n’ai pas trouvé. Et je suis en Gea.

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